CHAPITRE XXVIII
De quelques écrits publiés pendant les six derniers mois de cette année.
11 se publia encore pendant cette année quelques ouvrages qui n'ont pu entrer dans cette histoire sans en interrompre la suite.
Au mois de juillet, on mit au jour une Lettre de saint Basile à des solitaires persécutés, traduite par M. Hermant.
Au mois d'août, l'on vit courir dans le monde un libelle latin fort sanglant et fort injurieux à quelques prélats, en forme de dialogue, intitulé : Tauromachia ecc lesias tica. C'était à cause d'une contestation qu'un évêque avait eue avec M. de Sens dans l'Assemblée au sujet de Jansénius et des matières de la grâce.
Le 1er d'octobre, il parut un écrit latin du Père Fronteau, sous ce titre : Epistola theologi ad V. Clar. cur decreto episcoporum, Parisiis 1654 édita, et 1656 confirmato, subscriberenon possit. Celte lettre fut aussi traduite en français et imprimée.
Le 3 du même mois, le Père Deschamps prononça dans son collège un discours latin contre l'autorité de saint Augustin, qu'il lit imprimer intitulé : S. Augustinus theologorum Aristoteles, sive de S. Auguslini auctoritale oratio dicta a P. Stephano Deschamps in collegio Claromontano.
Le 16 d'octobre se fit la bulle d'Alexandre VII touchant les cinq propositions.
Le 1er décembre, le Père Léonard, neveu du Père Petau, qui avait été jésuite, répondit à la harangue du 5 octobre du Père Deschamps, son confrère, par un écrit intitulé :
Insigni blateroni Stephano Deschamps, societatis Jesu, meliorem mentem.
On garde dans quelques bibliothèques un ouvrage manuscrit qui n'a pas été imprimé, divisé en neuf articles, où les disciples de saint Augustin déclarent ce qu'ils croient sur les cinq propositions, et ce que Jansénius en croit, et de la nécessité de la grâce par elle-même, et que cela est orthodoxe.
Le 23, on mit au jour : Brève Alexandri VII ad Joannem ab Austria, Belgii gubernatorem, quem laudat tanquam insectatum Jansenistas, hortaturque ne sinat doceri doctrinam Jansenii, ut quidam facere non verentur.
Les pièces suivantes furent aussi imprimées pendant cette année, mais on n'en sait pas la date :
Thomisticie ac orthodoxx de Gratia divina verilates jansenianis erroribus opposite.
Préservatifs contre le Jansénisme, par le duc de Richelieu '.
Justification du procédé des catholiques contre les Jansénistes.
Réponse à quelques demandes, par le Père Annat, 2e édition augmentée.
Réponse à la plainte des jansénistes sur ce qu'on les appelle hérétiques.
Traité manuscrit de la véritable cause des troubles de la France et du remède juste et raisonnable qu'on y peut apporter.
Les curés de Paris et de Rouen firent aussi imprimer sur la fin de la même année leurs avis et leurs requêtes.
1. Sans doute Armand Jean du Plessis, duc de Richelieu et de Frousac, petit neveu du cardinal (1629-1715).