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230 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT
Le même dom Boisart lui dit aussi que M. l'évêque de Soissons l'était venu voir de la part du roi, de la reine, et de M. le cardinal Mazarin, pour s'informer à lui-même de la manière dont il avait été guéri; et sur ce que dom Sacristain avait dit à dom Prieur que M. de La Potherie lui avait témoigné par un billet qu'il souhaitait de voir la relation du miracle arrivé en la personne de ce chartreux, le prieur lui avait répondu que cela n'était point nécessaire ; que [dom] Sacristain lui en ayant demandé la raison, et si c'était qu'il ne fallût pas le dire, il lui dit qu'il ne fallait faire nulle difficulté de le témoigner à tout le monde. Dom Sacristain lui parla ensuite de la manière dont il s'était gouverné en tout cela, et qu'encore que quelques uns l'en eussent blâmé, il ne croyait pas néanmoins avoir rien fait que ce que Dieu demandait de lui, et le prieur lui avoua que l'événement avait justifié sa conduite.
Dom Boisart dit aussi à M. l'abbé de Pontchâteau que M. Le Breton, étant chez lui, lui demanda s'il était dans quelques uns des sentiments de Messieurs de Port Royal ; et qu'il lui avait répondu qu'il les estimait et les honorait beaucoup, et qu'il croyait que leurs sentiments étaient catholiques et orthodoxes ; mais que ce n'était pas cette considération qui l'avait porté à demander leurs prières et celles de ces bonnes religieuses qui avaient fait une neuvaine pour lui.
Dans un entretien que M. l'abbé de Pontchâteau eut ce jour là même avec dom Prieur, ce chartreux lui dit que de quelque manière qu'on voulut parler de la guérison de dom Boisart, il fallait avouer qu'elle avait été faite par une grâce au-dessus de la nature. Cependant les chartreux demeurèrent dans leur première réserve sur le sujet de l'information de ce miracle, et des considérations humaines l'emportèrent au-dessus du témoignage de leur conscience.
Le 4e, l'Assemblée du clergé délibéra sur une déclaration plus précise que le Père Bagot avait donnée la veille pour se garantir delà censure. Quelques-uns la trouvèrent pleine d'équivoques et toute contraire à la sincérité chrétienne ; d'autres au contraire prétendirent qu'elle était en bonne forme et qu'on en devait être satisfait. Il y en eut qui proposèrent que l'on communiquât à tous les députés la déclaration que les curés de Paris avaient donnée sur l'anonyme,