‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 217 sur 432 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

gardé nos défenses et nous a confirmé son obéissance par un silence de six mois. 11 a témoigné pour les ecclésiastiques de cette ville des sentiments meilleurs et plus équitables que ceux qu'il avait fait paraître par le passé, et nous sommes obligés de lui rendre ce témoignage public de sa pénitence, qu'il s'est entièrement soumis à nous en fournir par écrit la déclaration en bonne forme, et à la publier lui-même dans ses sermons.

La piété de Monseigneur le duc d'Orléans, qui s'est employé pour lui, et son zèle pour ce qui regarde l'honneur de l'Église lui avait fait approuver cette sorte de satisfaction. Mais puisque Son Altesse Royale a bien voulu s'employer afin que ce religieux fût réconcilié à l'Eglise, nous avons cru ne lui devoir pas moins faire qu'une grâce entière. C'est ce qui nous a porté à lever, comme de fait nous levons par ces présentes, l'interdit que nous avions décerné contre lui ; et lui avons permis de prêcher en notre diocèse conformément à la permission qu'il en avait obtenue de nous auparavant. Et d'autant que, par notre même mandement du 9 septembre, défenses étaient faites à tous nos diocésains d'assister à aucune de ses prédications, à peine d'être coupables devant Dieu d'une désobéissance griève et mortelle dont nous nous étions réservé le pouvoir de les absoudre, nous leur déclarons que nous avons levé ces défenses, et qu'ils peuvent en toute liberté y assister. Ordonnons, afin qu'aucun n'en ignore, que ces présentes seront lues aux prônes, affichées et publiées en la manière accoutumée.

Donné à Orléans le 10 février 1657.

Ainsi signé :

Alphonse d'ELBÈNE, évêque d'Orléans.

Par commandement de mon dit seigneur évêque d'Orléans,

Blanche.

Plusieurs rétablissements de cette nature ne vaudraient guère mieux aux Jésuites que de nouveaux interdits; et il leur serait sans doute plus avantageux de n'avoir point mérité par leurs excès l'indignation des bons évêques, que de l'avoir apaisée par l'intercession des grands princes.

300 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

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