LIVRE XVII
la parole à cet abbé pour lui avouer que ce qu'il disait était vrai; mais que M. Hallier avait répoudu sur cela verbalement el par écrit deux choses : la première, que le traducteur n'avait pas suivi son [texte] * avec assez d'exactitude parce qu'il n'entendait pas assez notre langue; et la seconde, que les évêques de France avaient voulu faire voir qu'ils étaient savants dans l'antiquité; qu'il était vrai que les exemples qui étaient contenus dans cette lettre avaient un peu été contraints pour les faire cadrer au sujet dont il s'agissait, et qu'il fallait avouer de bonne foi qu'ils n'y étaient pas tout à fait conformes. M. de Sens, qui faisait cette relation, ajoutait qu'il avait demandé acte de tout cela à M. l'archevêque de Toulouse; mais que ce prélat avait répliqué que c'était lui qui le disait.
Le même M. de Sens dit aussi à ceux de ses amis qu'il trouva chez M. de Guénégaud, qu'il avait fait grand bruit ce jour-là même dans l'Assemblée sur la lettre circulaire que le sieur Vitré avait imprimée sans qu'il l'eût vue, et que M. de Toulouse avait composée de son chef; et comme M. de Marca n'en put disconvenir, il lui en demanda acte à l'instant même.
Le procès-verbal de l'Assemblée nous apprend encore que M. de Sens y représenta le 1er mai que l'affaire qu'il avait contre les Jésuites était semblable à celle qu'avait [eue] contre eux feu M. l'évêque d'Amiens, et qu'il ajouta que comme l'Assemblée de 16i5 en fît alors son affaire propre, il espérait que celle-ci aurait la bonté de l'entreprendre avec la même vigueur. Sur quoi les prélats qui avaient eu ordre de voir le cardinal Mazarin pour d'autres affaires avaient été priés de lui demander qu'il plût de faire ordonner par le roi à M. le chancelier de donner un arrêt semblable à celui de M. l'évêque d'Amiens.