LIVRE XVII
Bellièvre, les fit prier par le greffier Guyet de le venir trouver au greffe de la grand'chambre.
Lorsqu'ils y furent arrivés, il leur dit qu'il leur continuait la parole qu'il leur avait donnée de ne rien délibérer en cette affaire sans leur participation pendant les trois semaines suivantes, y comprenant celle qui courait alors; de sorte que depuis ce moment là, les plus éclairés furent persuadés qu'il ne se ferait rien au Parlement pendant la campagne de cette année. Mais on croyait en ce temps-là que cette affaire se conduirait par la voie du conseil.
On apprit en ce temps-là les mauvaises intentions du cardinal Mazarin sur cette affaire, non par la considération de la doctrine, car il était persuadé que dans le fond ils n'en avaient point d'autre que celle de l'Eglise, mais par la vue de ses intérêts personnels; parce qu'il les croyait attachés anx intérêts d'un prélat proscrit qu'il voulait pousser à bout. Car on apprit d'une lettre de M. de Boulogne, écrite le 12 de ce mois à M. Le Gentil, vidame de Reims, l'un des députés de l'Assemblée, qu'étant à Montreuil sur la Mer, il avait accusé cet évêque d'avoir été le promoteur de tout ce qu'on avait tâché de faire pour M. le cardinal de Retz, disant que cet archevêque de Paris n'était qu'un brouillon qui ne pensait qu'à remuer, qu'il lui avait voulu donner six vingt mille livres de rente pour l'indemniser de l'archevêché de Paris, mais qu'il ne les avait pas voulu accepter, parce que le poste de Paris était plus propre à brouiller; que ce cardinal avait eu depuis peu à Milan une conférence particulière avec le gouverneur, et qu'il n'avait point d'autres amis que les jansénistes. Cette dernière imagination faisait tout leur crime; et il leur en lit ressentir tous les effets à la fin de la campagne en continuant ce qu'il avait déjà commencé l'année précédente par la censure de M. Arnauld.