‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 298 sur 432 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

Jeune et ferme héros, primat de Germanie1, C'est toi qui te montrant intrépide au danger, Apprends avec éclat à cette compagnie Que qui cherche l'honneur ne doit rien ménager.

Rendant ce qui se doit au favori ministre, Tu n'ôtes rien au rang où tu te vois monté. Si le temps sait garder un fidèle registre, Tous les siècles sauront ta générosilé.

On dira comme un jour devant Son Éminence, Lorsque l'elTroi semblait dominer en ces lieux, Tu sus, par le secours d'une vive éloquence, Rassurer tous les cœurs, dessiller tous les yeux.

Parlant avecque poids de ce haut caractère Qui met sous le prélat le reste des mortels, Tu fis voir qu'il devait, par un profond mystère, Toute sa dépendance au seul Dieu des autels.

Chacun persuadé t'abandonne la lice, Nul ne te contredit qu'un rochet lolosain2 ; Mais pour l'abattre plat tu demandes justice Contre sa propre langue à l'écrit de sa main.

Marca se retirait lorsque la politique, Le voyant à regret vaincu de toutes parts, Lui mit un trait en main tiré de la boutique Où la raison d'État sait affiler ses dards.

Élevant les prélats, nous abaissons le pape; Ce rang que nous voulons ne tenir que de Dieu Du Saint Trône, dit-il, est la secrète sape ; Nous égalant à lui, nous Tôtons de son lieu.

Regardez, poursuit-il, que la Seine et le Tibre Vont d'un paisible accord joindre ensemble leurs flots. Dans le corps de l'État, la plus petite fibre, La veine, le tendon, tout doit tendre au repos.

Ce repos, reprit Sens, sera-t-il pas plus ferme Quand on fera jouir le clergé de ses droits? Quand l'usurpation trouvera quelque terme, Quand la foudre craindra de toucher à nos rois ?

qui a été archevêque de Narbouue (note du ms.). — C'était le frère du surintendant; il mourut en 1673.

Page 1