Le texte d'Arnauld porte unité
nées par des conciles œcuméniques, est qu'ils n'y conlredisent point et ne dogmatisent rien au contraire. Il n'y a nulle apparence qu'on rejette un moyen si facile d'apaiser les troubles où se trouve maintenant l'Église, et qu'on veuille prendre d'autres voies, dont il est aisé de prévoir les mauvaises suites. Je suis, etc. »
M. Delahaye fit l'usage qu'il devait faire de cette lettre en la communiquant à M. le nonce, avec un autre écrit que M. Arnauld avait dressé pour s'expliquer plus particulièrement sur ces questions. Mais avant que de rendre ces écrits à ce ministre du pape, le bruit qui s'en était déjà répandu parmi les disciples de saint Augustin leur fit craindre que toute cette négociation ne fut un piège pour les surprendre ; et M. Delahaye eut assez de peine à les adoucir, comme il parait à cette lettre qu'il en écrivit à M. de Rebours le 23 août :
« J'ai eu grand besoin de patience depuis hier matin, et la prudence m'a été bien nécessaire. Hier, à six heures du matin, un des principaux docteurs vint me trouver avant que j'eusse encore rien fait, il me mena chez M. de Sainte fleuve, où j'appris que la plus grande partie de nos amis allaient abandonner M. Arnauld, si je baillais au nonce ce qui a été dressé. On ne manqua pas de me demander as>ez aigrement de quoi je me mêlais, et de me dire avec assez de mépris que je prenais une belle qualité de procureur général des jansénistes, et qu'absolument on désavouerait tout ce que je ferais. On m'assurait que sept docteurs étaient déjà dans cette résolution, des premiers et des plus considérables. Je vous laisse à penser comme cela me dut mortifier, ayant procédé comme j'ai fait, et n'ayant rien fait sans aveu et sans conseil. Je priai ces Messieurs de me dire ce que j'avais à faire sur ces difficultés qu'ils me proposaient, à cause qu'il était déjà bien neuf heures, qui était le temps que je devais me trouver aux Pères théatins. Pas un d'eux ne me voulut conseiller, demeurant dans une dureté de fer, si bien que je les quittai là et me retirai bien mortifié, je vous en assure. La prudence ne m'abandonna pourtant pas ; et Dieu m'en donna assez pour ne rien gâter. Je m'en allai chez les théatins, où je parlai à celui qui m'attendait', auquel je fis entendre que pour le fond de 1. Ou ne sait quel était ce Père.