‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 408 sur 432 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

la vérification et l'enregistrement des deux constitutions fameuses d'Innocent X et d'Alexandre VII, eut déclaré ses intentions d'un ton de voix qui fut entendu de peu de personnes, et qu'il eut recommandé à son chancelier d'être court, ce chef de la justice de France prit la parole; mais il fut tellement interdit de cet ordre qu'il venait de recevoir, qu'il manqua deux ou trois fois et demeura court une fois, non sans recevoir quelques huées.

La substance de son discours fut que le roi, revenant victorieux de sa campagne, ne pouvait mieux, après tant de victoires, témoigner sa piété envers Dieu et son zèle pour la religion qu'en faisant recevoir la constitution d'Innocent confirmée par Alexandre VII ; qu'elle avait été donnée à l'instance de [Sa Majesté; que M. Piccolomini, nonce du pape près de Sa Majesté, la lui ayant apportée, il l'avait reçue avec joie et avait promis de la faire observer; que c'était un zèle digne d'un prince chrétien et du fils aîné de l'Église, et qu'il voulait par là témoigner qu'il méritait les grâces et les privilèges que ses ancêtres ont reçus du Saint Siège pour l'avoir obligé. Que le clergé avait aussitôt reçu la constitution, ce grand clergé, cette illustre assemblée composée de tant de prélats dont la science était si grande et la piété si connue, et qui étaient comparables à ces grandes lumières de l'antiquité; que .Sa Majesté sachant que l'État ne se maintient que par la charité et l'unité, il voulait faire recevoir et enregistrer cette constitution pour établir l'un et l'autre.

M. le président de Nesmond fit ensuite un compliment au roi, sur l'ascendant du Conseil *, sans rien dire de la constitution ni toucher les personnes.

Après cela, le greffier lut tout du long la constitution d'Innocent X, et la confirmation de la même bulle par Alexandre VII. La bulle paraissait fort belle ; c'était un beau parchemin écrit en grosses lettres autour duquel on voyait de belles enluminures.

La lecture étant faite, M. l'avocat général Talon se mit d'abord sur les louanges du roi, disant que l'on ne pouvait presque compter le nombre de ses conquêtes; qu'on ne pouvait aussi attendre autre chose d'un grand prince venu

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