L1VR15 XV
M. le cardinal Mazarin des desseins formés parles ennemis de son État d'exciter des troubles dans Paris pendant son absence.
9° Que Sa Majesté voulait que les députés fissent entendre à l'Assemblée qu'elle avait défendu à tous ses sujets d'avoir aucune communication avec le cardinal de Retz par lettres, ni [avec] ses envoyés, sous peine de crime de lèse-majesté ; que Sa Majesté néanmoins n'entendait faire aucun préjudice à ce qui concernait le spirituel de l'église de Paris ; qu'elle savait bien discerner la personne du cardinal de Retz d'avec son église.
10° Que le grand vicaire qui serait légitimement établi pouvait se faire entendre sur tout ce qui regardait la direction spirituelle.
11° Qu'à cet effet, il se pourrait adresser à l'Assemblée ou en charger les évèques députés de la province, ou es députés, même en parler de leur chef à Sa Majesté, étant bien assuré qu'une personne agréée d'elle en la fonction de grand vicaire, à la prière de l'Assemblée et par l'entremise de Sa Sainteté, saura toujours bien se borner à ce qui regarde l'église de Paris, et les députés de la province à ce qui doit être proposé dans l'Assemblée.
Ceux qui ont de l'amour pour l'Église et qui lisent ce bel endroit du procès-verbal de l'Assemblée générale du clergé ne peuvent sans être pénétrés de douleur voir que l'on ait imposé à l'Eglise le joug de cette nouvelle servitude, et que M. de Béthune, archevêque de Bordeaux, ait manqué de repartie dans une cause qui était la sienne, puisque c'était celle de tous les évêques. Mais on passe de la douleur à l'indignation lorsque l'on voit que les commissaires qui l'assistaient ayant témoigné que ce prélat avait parlé avec toute la force et tout le zèle que la compagnie pouvait désirer pour les intérêts de l'Eglise, on l'en remercie et on le prie de donner sa remontrance par écrit pour être insérée dans le procès-verbal. Elle y est insérée effectivement, et la postérité en jugera sans complaisance et sans flatterie.