LIVRE II
même à M. de Bullion1. Ce surintendant, étant satisfait de ce qu'il avait bien parlé de l'administration des finances, le régala d'un service de vaisselle d'argent, que M. Habert ne voulut point accepter, se réservant pour quelque autre gratification plus considérable. Mais quand il en vint faire la proposition dans la suite, M. de Bullion s'en excusa et se contenta de la volonté qu'il avait eue de lui vouloir faire du bien.
M. Rigault2, célèbre par l'édition qu'il a faite de Tertullien et de saint Cyprien, écrivit aussi contre Optatus Gallus, mais assez succinctement.
Il ne restait plus que de voir les jésuites prendre part à cette querelle, et montrer par leur conduite que leur théologie accommodante est au service des grands. On n'avait pas encore remarqué jusqu'alors qu'ils eussent rien fait contre Rome, dont ils avaient toujours soutenu les prétentions jusqu'aux dernières extrémités. Le P. Michel Rabardeau 3, du diocèse d'Orléans, s'en fit un honneur en publiant une dissection d'Optatus Gallus, qu'il croyait être douce et favorable, et intitulant son livre : Optatus Gallus benigna manu sectus. Et afin de témoigner à toute la terre la vénération qu'il avait pour le cardinal de Richelieu, dont toutes les paroles lui étaient autant d'oracles, il y ajouta ces deux mots grecs : Ajtoç è'©a, c'est lui qui Va dit, ce qui était la flatterie du monde la plus basse et la plus honteuse, et capable de le déshonorer par avance avec toute sa Société, en attendant la censure qu'on lui préparait à Rome, aussi bien qu'au P. Gellot*, qui publia cette année même son livre de la Hiérarchie.
1. Claude de Bullion, seigneur de Bonnelles, surintendant des finances puis président à mortier, mourut en 1640.