CHAPITRE XV
Disposition du cardinal de Richelieu sur l'état présent des affaires de l'Église. M. Le Moyne succède à M. Lescot dans une chaire de Sorbonne pour attaquer Janséoius. M. Habert, théologal, commence à le déchirer publiquement dans un sermon.
L'année 1642 n'eut pas de grands événements pour les affaires de l'Église, au moins dans les premiers mois, mais on ne laissa pas d'y jeter les étincelles du feu qui s'alluma dans la suite pour l'exécution des grands desseins du cardinal de Richelieu. Quelque brouillerie qu'il y eût alors dans l'État pour une affaire qui le mit à deux doigts de sa ruine, et qui coûta la tête à M. de Cinq-Mars1, écuyer, et à M. de Thou, son ami, ce premier ministre, qui n'était pas fort occupé des pensées de la mort, quoique son corps à demi pourri lui en dût être un avertissement continuel, avait projeté en lui-même de laisser à la postérité de grands exemples pour la destruction d'un parti imaginaire qu'il croyait être déjà formé dans l'Église. Le livre de M. d'Ypres était son aversion. Il tenait toujours M. l'abbé de
1. Il s'agit ici de la célèbre conspiration de Henri Coifûer de Ruzé d'Effiat, marquis de Cinq-Mars (1620-1642) et de son ami François-Auguste de Thou (1607-1642).