CHAPITRE XXV
Visite du collège de Marmoutier par M. de Saint-Amour, recteur de l'U Diversité. Vérités académiques.
Quoique M. de Saint-Amour eût perdu une puissante protection par la mort de Louis le Juste, de glorieuse mémoire, qui l'honorait de sa bienveillance et qui avait la bonté' de prendre quelque intérêt dans le succès de ses études, il ne ralentit rien néanmoins de sa première géné-
1. Ms. : « et qu'il fallait lui faire du bien pour pouvoir servir l'Église », faute évidente.
rosité, et quoique les jésuites ne poursuivissent pas la requête qu'ils avaient présentée au conseil par les mains de leurs disciples, il crut être engagé assez avant dans ce combat pour ruiner les préjugés dont plusieurs s'étaient laissé prévenir en leur faveur.
Ce fut la matière d'un livre que l'on publia pour lors, au commencement de l'été de la même année, sous le nom de : Vérités académiques, ou réfutation des préjugés populaires dont se servent les jésuites contre V Université de Paris. M. Uallier avait encore inspiré le projet de cet ouvrage et l'on n'avait encore nul soupçon de sa liaison avec ces Pères.
On entreprenait d'y faire voir, par des raisons générales et particulières, leurs manquements dans les petites classes de grammaire, fondés sur le trop grand nombre d'écoliers, dont il leur était impossible de prendre un soin suffisant, quand même ils voudraient s'y appliquer, et sur la qualité des maîtres qui ne se chargeaient de ces emplois que pour passer à de plus grands; au lieu que les professeurs de l'Université de Paris passaient pour l'ordinaire toute leur vie dans ces exercices.
On y montrait leurs défauts dans leurs classes des lettres humaines, dans leur manière d'enseigner la philosophie, la théologie scholastique, et on représentait combien leurs sentiments sont dangereux dans la théologie morale.
On y prouvait aussi qu'il n'est point sûr de commettre la conscience des jeunes gens à la conduite de ces Pères, et on faisait- des réflexions générales sur les directions des consciences dont ils font un de leurs principaux emplois.
On examinait leur succès dans le ministère de la prédication, et par cette occasion, on justifiait les prédicateurs de l'Université de Paris.
On faisait voir qu'ils ne peuvent tirer aucun avantage de la grande quantité de leurs livres. F.nfin pour détruire un préjugé capital dont l'apparence surprend la plupart du monde, on montrait qu'ils ne peuvent se vanter raisonnablement d'enseigner gratuitement la jeunesse.
Ce dernier chapitre donnant occasion de parler de leur mani ir pour s'enrichir par toutes sortes de moyens,
on rapportail sur ce sujet ce qui s'était passé dans la visite du collège de Marmoutier, que M. de Saint-Amour y avait Faite, le 8 avril de la même année, assisté de M. Michel
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Charles, commissaire au Cbàlelet. Car au lieu qu'ils m t
enlevé ce collège à l'Université de Paris et aux religieux Bénédictins, sous prétexte de l'usage au', s en voulaient faire pour la commodité de leur collège de Clermont A s'était irouvé qu ils en avaient loué toutes les chambres a des pe sonnes de înénages; que les appartements des religieux ela ent occupés par un très grand nombre de femmes et d'artisans qui en avaient fait des boutiques; que par une t n e ro'fanation, la chapelle même de ce collège eta, devenue une boutique de menuisier, et que le chœur de cette chapelle était changé en un grenier à foin
Cette revue générale que fit L'Université dans tout 1 ordre des jésuites par ce livre des Vérités Académiques les perça lusau au cœur. Us profilèrent même en quelque chose des avta qu'on leur donnait, et à l'ouverture de leurs classes, onvit dans leur collège de Bordeaux un de leurs plus anciens Pères qu'ils avaient nommé depuis peu pour y faire la Sme, afin que cet homme vénérable par sa barbe blanche ré niât, par sa seule vue, l'auteur de cet ouvrage qui leur avait r proche de ne destiner que de jeunes gens à Remploi. .1 joignit même une harangue composée dans ce dessein. Mais cette réformation a eu peu de suite, et ls ne s'en sont servis que quand ils ont voulu hum.her quelaa'un de leurs Pères. .
q Ils entreprirent même d'y répondre, mais fis le firent d'une manière si pleine de fiel, et en même temps s. ndiçule et si capable de les exposer au mépris de tous les honnêtes gens qu ils en rougirent eux-mêmes et supprimèrent cet e réponse- Ce qui n'empêcha pas néanmoins que l'Umvemte de Paris, qui en avait recouvré un exemplaire, n en fit imprimer un échantillon dans un autre de ses ouvrages, cime il est assez agréable, et peut servir a fa.re connaître leur génie, il ne sera pas inutile de mettre ici ce nd.cule
'^ jTvous salue, disait cet auteur, beau titre, beau frontispice des vérités, je vous salu.e. Mais pourquoi me choquez-vous en me flattant, me rebutez-vous en m attirant e ne faites-vous que des tromperies de vos promesses? Ah s, j'avais en main les institutions chrétiennes mais d un Calvin les cathéchèses catholiques, mais d un Luther les boucliers de la foi, mais d'un Du Moulin, la théologie ortho-