‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 204 sur 524 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

nion par le nombre de ses approbateurs, il rendait raison de l'engagement qu'il avait eu à écrire cet ouvrage, et de réfuter l'écrit d'un jésuite qui faisait passer une conduite établie par tous les saints Pères pour le plus grand malheur qui pût arriver à l'Eglise, et pour un stratagème du diable. Et découvrant l'origine de ce livre que l'on avait voulu représenter à Sa Majesté comme un ouvrage monstrueux et comme un flambeau de division et de discorde, il faisait voir à la reine que la loi de la charité en avait fait concevoir le premier dessein, que la tradition de l'Église en avait réglé tous les sentiments, et que l'autorité des docteurs et des évêques en avait appuyé toute la doctrine.

Pour expliquer tout de nouveau ses véritables sentiments, il témoignait qu'encore qu'il estimât l'Église très heureuse, si tout le monde se pouvait porter à suivre volontairement toutes les instructions et les exemples qu'il avait recueillis dans son livre, il était fort éloigné du dessein de vouloir obliger tout le monde à la pénitence ancienne, ayant seulement voulu empêcher qu'on ne la condamnât; qu'il avait assez déclaré qu'il ne croyait pas que l'accomplissement de la pénitence avant l'absolution fût une chose essentielle à la pénitence; et qu'il n'avait jamais prétendu obliger les pécheurs à la pénitence publique, ni pour les péchés secrets, puisqu'il y avait longtemps que l'Église ne les y oblige plus, ni même pour les péchés publics, parce que n'étant qu'un particulier, il ne s'attribuait point une autorité qui n'appartient qu'aux évêques. Qu'il était étrange que le P. Petau, approuvant lui-même ses sentiments, comme il paraissait par plusieurs endroits de son livre de la Pénitence publique, il ait été capable de lui déclarer une guerre si cruelle, et qu'en cela même il condamnait les théologiens et les casuistes de sa compagnie, qui soutiennent en termes formels des maximes contraires à celles qu'il trouvait bonnes dans le livre de la Fréquente Communion. Que c'était sans fondement que ce Père le faisait passer pour perturbateur du repos public, et un auteur de divisions et de schismes, et qu'il disait que son livre avait déjà fait un très grand bruit, et ferait encore plus de mal, puisque l'on savait bien qui fiaient ceux qui avaient excité cette tempête par le mépris principaux ministres de l'Église, et par les vaines frayeurs qu'ils avaient si souvent répandues.

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Et comme la passion du P. Petauavail été assez peu respectueuse et assez inconsidérée pour demandera la r^inc la suppression du livre de la Fréquente Communion, ce qui avait paru à toutes les personnes désintéressées une entreprise imprudente et odieuse, M. Arnauld, demeurant dans les bornes du respect, se contentait de représenter à Sa Majesté l'exemple de la vénération que les empereurs et les rois chrétiens ont toujours eue pour l'Eglise, dont ils ont fait gloire de se dire les protecteurs, et il la louait d'avoir été en cela leur imitatrice par une juste reconnaissance de tant de miracles que Dieu avait faits en sa faveur, en la rendant mère, en la rendant régente, et en se déclarant d'abord, par une assistance toute visible et par une victoire signalée, le protecteur de sa régence.

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