‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 268 sur 524 · livre (le la Grandeur de L'Église Romaine, qui parut cette même année · texte numérisé non relu

livre (le la Grandeur de L'Église Romaine, qui parut cette même année

Il dit ensuite à M. Bourgeois qu'il ne se mettait pas en peine de ce que la scholastique pouvait répondre pour se garantir de la force de ces passages, sachant bien qu'elle répond à tout, bien ou mal, mais qu'il cherchait uniquement la bonne foi et la vérité, et qu'il la trouvait dans ces citations; qu'elles étaient si claires, et prouvaient si invinciblement l'union et l'association de ces deux grands saints dans la primauté du Saint-Siège apostolique, qu'il en était convaincu, et lui rendait grâces de lui avoir fait connaître une vérité si avantageuse. « Mais en même temps, ajoutat-il, je me sens accablé du poids de notre censure, car elle est faite, et ce qui me pèse le plus, c'est qu'elle est chez l'imprimeur du pape, Alla stampa apostolica, où on l'a envoyée pour être imprimée, et peut-être l'est-elle déjà présentement, de sorte que c'est un mal sans remède. »

M. Bourgeois ne le laissa pas longtemps dans cette peine, et lui dit qu'ayant appris de lui cette censure le jour précédent, il avait cru que ceux qui l'avaient sollicitée auraient pris soin de la faire imprimer; que s'en étant informé au maître même de la stampe apostolique avant que de venir au palais, il avait su qu'il n'y en avait aucune, et qu'il n'en avait pas même ouï parler. Ce qui fut si agréable à ce commissaire de l'Inquisition qu'il l'obligea de lui redire deux ou trois fois cette nouvelle, et lorsqu'il fut assuré de la vérité de ce fait, il dit que cela étant, le mal n'était pas fort grand, et que cette censure n'étant pas encore imprimée, elle ne le serait de longtemps, et qu'il y donnerait bon ordre. Et sur ce que M. Bourgeois lui demanda si par son moyen il ne la pourrait point voir, après avoir délibéré quelque temps, il dit qu'encore que le secret de l'Inquisition fût extrême, il pouvait néanmoins s'en dispenser en faveur de ses amis, et qu'il la lui ferait voir au premier jour.

Cependant les Jésuites et tous leurs amis ne différèrent pas d'un seul moment de mander à Paris la nouvelle de cette censure, qu'ils faisaient passer pour une grande victoire; et M. Bourgeois l'aurait mandée lui-même, si c'eût été un Lundi1; mais la joie des Jésuites fut courte, et les choses changèrent de face depuis ce temps-là.

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