‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 412 sur 524 · C'est évidemment de M. Meusnier qu'il est iei question · texte numérisé non relu

C'est évidemment de M. Meusnier qu'il est iei question

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prêchât <lc ces matières et qu'on en traitât devant le peuple, mais qu'aussi c'était encore moins sa volonté qu'on prêchai contre la doctrine de saint Augustin ; et qu'un jésuite L'ayan t voulu faire depuis peu, ce prélat l'avait fait venir, avec son recteur, pour lui défendre, sous peine d'interdiction dans son évêché, de prêcher jamais contre la vérité des sentiments de ce saint docteur de la grâce. Sur quoi ce bon récollet témoignait ne pouvoir souffrir qu'avec peine qu'il fallût, malgré qu'on en eût, être semipélagien sur ce point. Qu'il était étrange qu'ayant la vérité pour eux, il ne leur fût pas permis de la prêcher hautement, pour désabuser un peu les peuples, et réformer les mœurs des chrétiens, en les portant à la crainte des jugements de Dieu; que la crainte que l'on avait en cela que cette sainte doctrine ne jetât les âmes dans le désespoir ou dans le relâchement était une frayeur frivole et imaginaire, et fort contraire aux sentiments de saint Augustin, qui voulait qu'on la prêchât pour l'utilité et l'édification de ceux qui étaient capables de s'en servir. Il demandait instruction là-dessus, quoiqu'il fût déjà persuadé que si on en prêchait, il n'en fallait pas parler avec des expressions dures et odieuses, comme faisaient les ennemis de la grâce ; mais avec beaucoup de sagesse et de modération, et en se proportionnant à la capacité de l'auditoire ; qu'à son retour son supérieur avait usé de son droit, faisant enlever ses paquets de chez le messager, quoiqu'ensuite il les lui eût rendus en lui demandant s'il n'était pas vrai qu'il était encore plus janséniste que jamais ; et lui avait témoigné que cela lui faisait grand tort; qu'un autre l'ayant traité de fou, il l'avait exhorté à suivre lui-même les sentiment orthodoxes.

Depuis ce temps-là il fit part au public d'une relation de ce voyage qu'il avait fait à Paris, et elle fut imprimée l'année suivante.

Au mois de juillet on fit encore un nouvel éclaircissement des cinq propositions qui fut intitulé : Quinque propositionum de gratia quas Facultati theologicœ parisiensi M. Nicolaus Cornet subdole exkibuit prima julii anni 1 649, vera et catkolica exposilio juxta mentem discipulorum. S. Augustini l.

1. D'après Fouillou cet opuscule serait de l'abbé de Bourzeis.

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