CHAPITRE XXIV
Élection de M. Grandin au syndicat. On publie la traduction d'un livre de Jansénius contre les miuistres de Bolduc 2 et des réflexions d'un Discours de saint Athanase. Succès de deux sermons de M. Brousse à Die en Dauphiné contre celui du ministre Dise.
La Faculté de théologie étant assemblée selon son usage ordinaire au commencement du mois d'octobre, M. Hallier se déposa du syndicat par un compliment d'action de grâces qui n'eut rien de bon que sa seule brièveté, car il était assez méchant harangueur. Comme il s'agissait de lui donner un successeur, les disciples de saint Augustin se trouvèrent malheureusement partagés ; quelques-uns, en fort petit nombre, nommèrent M. Gauquelin, de la maison de Navarre ; environ vingt proposèrent M. Dabes. Quelquesuns même, ou par bizarrerie, ou par une espèce d'indifférence élurent M. Grandin, et il demeura syndic à la pluralité des voix. Ce fut en vain qu'on lui voulut donner l'exclusion par sa qualité de censeur; M. Hallier soutint qu'il ne l'était pas, et l'événement a fait voir qu'il n'y avait rien de plus faux que cette prétention. Mais quand elle eût été véritable, il suffisait pour exclure M. Grandin de cette charge si importante qu'il eût fait, depuis tant d'années, la fonction de censeur, et approuvé en cette qualité la traduction de l'Alcoran, aussi bien que l'assurance du salut par le moyen du scapulaire. Il y eut même quelques docteurs de son parti qui ne furent pas contents
1. Louis Angran (1622-1706,i, élève de Port-Royal et chanoine de Troyes, renonça dans la suite à son caoonicat et devint conseiller au parlement de Metz.