CHAPITRE XXXI
Écrits publiés pendant cette année par les sectateurs de Molina.
Outre les écrits que les événements de cette année nous ont fait remarquer de temps en temps par l'étroite liaison qu'ils y avaient, les Jésuites et leurs partisans en publièrent encore plusieurs autres.
Pendant le mois de février il parut un petit livret intitulé : Vindicùe Antonii Ricardi adversus J . C. baccalaurei racinatoris calumnias.
Le 8 du même mois, M. le nonce écrivit une lettre touchant la censure de Valladolid. On imprima aussi dans le Pays-Bas : Appendix ad veritatem bulUe Urbanianœ demonstratse, et elle fut suivie au mois d'avril d'un autre libelle intitulé : Apologia constitulionis Urbanianœ per Michaelem Paludanum. C'était cet auteur dont M. le cardinal Barberin recommandait tant la lecture à M. de Saint- Amour, quoique les Flamands lui reprochassent par des écrits publics sa légèreté et son inconstance.
Nous avons souvent parlé de la lettre de M. de Vabrns souscrite par tant d'évèques, principalement au mois de mai ; ceux qui auront la curiosité de la lire la trouveront
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tout entière dans Le recueil des Jésuites intitulé : Bibliotkeca antijanseniana, pag. 76,
Le 10 du même mois, messire François de Harlay l, archevêque de Rouen, fit imprimer à Paris son Apparat au concile provincial de Rouen, et les Jésuites Font trouvé de si bon goût qu'ils l'ont mis au nombre de leurs auteurs.
Le 13, le P. Du Bosc", cordelier, qui s'était déjà signalé en écrivant contre le livre de la Fréquente communion, voulut prendre part aux disputes de la grâce par un livre intitulé : J.-C. mort pour tous, Et que cette proposition bien démêlée peut démêler tout le reste de la controverse sur le sujet de la grâce, et selon la vraie doctrine de saint Augustin, Par le R. P. Du Bosc, religieux cordelier, conseiller et prédicateur du roi. Il l'avait dédié à M. le Prince, auquel il représentait, « que s'il lui était glorieux d'avoir affermi tant de fois la couronne de nos monarques, ce lui serait quelque chose de plus magnifique de maintenir le sceptre même du roi des rois. » C'était ainsi qu'il parlait de la protection de la doctrine des Jésuites.
Aux mois de juin et de juillet, Samuel Marest1, ministre à Groningue en Hollande, fit soutenir le Catéchisme de la grâce composé par M. Feydeau, et les Jésuites en firent un grand triomphe, parce que cet ennemi de l'Église y avait répandu un très grand nombre de calomnies contre M. Arnauld, M. Du Hamel, et les autres disciples de saint Augustin, pour les rendre odieux aux catholiques par une malignité affectée. Ce libelle si injurieux ne demeura pas sans répartie, et nous la verrons l'année suivante.
Vers ce temps-là on produisit la Couronne de la grâce victorieuse, du sieur de Bonlieu. L'auteur de ce libelle prit le nom de M. de Beauvais, docteur théologien.
M. de La Lane, abbé de Val-Croissant, avait un autre frère plus âgé que lui, abbé de Bonnefontaine. Le P. Texier, prieur du même monastère, lui adressa un livre qui, entre autres choses, contenait la réfutation du livre de la Grâce
1. François de Harlay de Chanvalon (1585-1653), archevêque de Rouen en 1615.
2. Jacques Du Bosc, cordelier, auteur de quelques ouvrages de controverse coutre Port-Royal.
3. Samuel Des Marets (1599-1673), ministre à Groniugue en 1643 et auteur de nombreux ouvrages de controverse.