LIVRE VI
reconnut en ce temps-là que des considérations humaines avaient beaucoup de pouvoir sur eux. Car on avait parlé d'envoyer ce Père à Rome pour soutenir la doctrine de saint Augustin, et M. de Saint-Amour l'y attendait. Mais peut-être avaient-ils peur d'irriter la marquise de Senecey* nièce du cardinal de la Rochefoucauld, leur bienfaiteur, et ils ne voulaient pas se mettre mal avec cette dame, qui d'une part avait un très grand crédit chez la reine, et de l'autre s'était déclarée la protectrice des Jésuites.
On trouve aussi un autre livret nommé : Epistolica responsio cujusdam doctoris Lovaniensis adeximios doctores. D. D. Randour, etc.
On imprima encore une E pitre synodale des évêques d'Afrique relégués en Sardaigne, sur la grâce de Dieu et le franc-arbitre, par M. de Clavigny de Sainte- Honorine. Elle est en latin avec une traduction française.
Le P. Mathieu, jésuite, soutint à Dijon durant cette année des thèses contre lesquelles le P. Parisot de l'Oratoire disputa. La contestation de vive voix fit une querelle par écrit. Il y en eut un qui parut sous le titre de : Lettre d'un ecclésiastique. Le P. Mathieu y répondit et le P. Parisot y répliqua.
M. Holden, docteur de la Faculté, était du nombre de ceux à qui la neutralité était agréable. 11 donna des marques de cette disposition de son esprit par un petit ouvrage qui parut sous le nom de : Lettre d'un docteur en théologie à une personne de condition, touchant les questions du temps.
M. Gourtot ', homme extraordinairement zélé, qui avait été de l'Oratoire, publia aussi pendant cette année son Manuale catholicarum.
On envoya d'Angleterre un traité intitulé : Quœstio theologica quomodo, etc.
On fit en France un traité qui demeura écrit à la main» sous ce titre : Guerre déclarée par les Molinistes.
Les contestations de la Flandre touchant la publication des bulles firent produire deux petits traités, l'un intitulé : Jus
1. .leaa Courtot, entré dans l'Oratoire en 1632, en fut exclu en 1652 par le P. Hourgoing, sans doute à cause de ses attaques contre les Jésuites. Il est auteur de plusieurs ouvrages qui parurent, soit sous son iiuin, soit «dus ceux de Jean Cordier et d'Alétophile.
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Belgarum circa receptionem bullarum. L'autre : Oefentio lii'lfjarum contra evocationcs ad peregrina judicia. On en a fail deux éditions.
Les ouvrages sans dates des Jésuites et de leurs partisans furent ceux qui suivent :
Lecla 1). Thomie contra prœmotiones physicas, irno etiam D. Augustini contra gratiam physice effîcacem.
Lettre à un ami touchant le Jansénisme, par Le P. Vavasseur, jésuite, ou Lettre du P. Vavasseur sur son Jansénius suspectus.
Traité contenant la déclaration et la défense des cinq vérités contre Jansénius, par J. B.
Défense des évêques qui ont écrit au pape.
Défense des véritables sentiments de saint Augustin touchant la possibilité des commandements, contre un abbé.
Observations sur une lettre d'un abbé à un évêque. Et Lettre à M. Richelieu. Et Lettre à M. Liourzeis par Nicolas Dolebeau, chanoine à Langres.
Dialogue, ou entretien d'un directeur sur les différents points de la religion. Et Réflexions sur la diversité de la doctrine, par Jean de Cambolas.
Les entretiens théologiques sur les matières agitées en ce temps, par René de Bonneau, à Turin.
Lettre d'un théologien (Nicolas Forest du Chesne, abbé bernardin) à un sien ami malade {du Jansénisme) contenant l'abrégé de Jansénius.
Traité familier de la grâce, avec une méthode pour les prêtres et les chefs de famille, par P. Tonier.
Le secret du Jansénisme, etc., deuxième édition.
On ne sait point aussi en quel temps de cette année se tint le chapitre général de l'ordre de Saint-Antoine de Vienne, où il fut défendu d'enseigner les erreurs contenues dans le livre de Jansénius. Les Jésuites qui nous l'ont appris n'ont pas marqué la date, non plus que les deux livres du P. Annat, dont l'un était écrit contre les thèses apologétiques, et était intitulé : Jansénius de Augustino etc., et l'autre Jansénius per hetorodoxarum, etc.
On voit par la suite de tous ces livres combien de différentes mains étaient armées contre un très petit nombre