LIVRE Vil
tioa des peuples et la sanctification de ceux qui les pratiquent. C'est le sentiment que j'ai toujours eu, que j'ai fait et ferai paraître en toute occasion. »
Mais à peine ce recteur avait été humilié par des rétractations et des reconnaissances si publiques, que pour se venger de cet affront dont il était Punique auteur, il commanda aux prédicateurs de son ordre de recommencer leurs invectives et leurs déclamations séditieuses contre la prédestination gratuite et contre la grâce efficace par ellemême, et se travestit lui-même en ministre, pour pouvoir dire impunément des injures aux ecclésiastiques de sa ville dans un libelle intitulé : Remerciement du consistoire de N. aux théologiens d'Alençon, disciples de saint Augustin. C'est dans cet écrit infâme que ce faux ministre et ce véritable jésuite leur dit : qu'ils parlent comme les églises réformées de la prédestination et de la grâce ; qu'il les regarde déjà comme leurs frères en Christ, comme les vraies ouailles du petit troupeau; qu'il les attend à Montauban, comme Labadie.
Ce fut cet écrit qui donna occasion à deux petits ouvrages dont l'un eut pour titre : Les scandales du recteur des Jésuites d'Alençon, et c'était une lettre écrite de Rouen par un bon paroissien le 15 avril 1652 à MM. Dufriche et Bazire, grands vicaires du diocèse de Séez le siège épiscopal vacant. L'autre était intitulé : Le masque levé au recteur des Jésuites d'Alençon, ou Réponse à son libelle diffamatoire qui porte pour titre : Remerciement du consistoire etc. M. Le Noir, théologal de Séez, était l'auteur de cette réponse. Pendant ces contestations, le sieur Pasquier, curé d'Alençon, convaincu d'irrégularités aussi bien que d'impiétés, d'extravagances et de tous les crimes imaginables, ensuite de plusieurs informations publiques données au public en 1652, crut qu'ayant été repris de justice par sept fois, il ne pouvait rien faire de mieux pour se maintenir malgré les désordres que sa vie scandaleuse avait causés, qu'en se signalant par quelque excès agréable aux Jésuites. Il leur était si étroitement uni que le recteur d'Alençon l'ayant prié de faire l'office en leur chapelle le jour de Saint- Ignace, qu'entonnant la collecte que l'Eglise prononce en l'honneui de ce saint, et s'étant tourné vers le peuple en désignant quelques disciples de saint Augustin qui étaient
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autour de l'autel, il ajouta d'un ton de voix encore plus haut que le reste : Adversus jansenistas, ce qui lui acquit la qualité de martyr dans la compagnie, et lui fit remporter la couronne de son zèle ridicule pour leur Molina. Car M. de Rouxel de Médavi', évoque de Séez, le fit aussitôt mettre en prison pour le punir de son insolence, et le crédit des Jésuites ne fut pas assez puissant pour l'en retirer promptement.
On attendait alors de grandes choses du gouvernement de cet évêque qui paraissait être venu à Séez avec de très bonnes intentions. C'était ce qui avait porté un vertueux ecclésiastique de son diocèse, nommé M. (juillet de la Croix-Christ, àlui adresser une lettre pour se plaindre de la persécution que les Jésuites faisaient à la doctrine de saint Augustin et à tous ses défenseurs. Elle a été depuis imprimée sous ce titre : Lettre à M. V évêque [de Lisieux pour la défense de quelques propositions de la prédestination et de la grâce avancées dans un sermon*.
A la fin de cette lettre on en avait fait imprimer une qui était adressée à M. Gaultier3, docteur en théologie de la l'acuité de Paris, avec un recueil de quelques propositions sur la matière de la prédestination et de la grâce, extraites d'un sermon prêché à Mortagne, qui avaient été approuvées par les docteurs en théologie de la Faculté de Paris.