‹ Mémoires de Henri de CampionChapitre 103 sur 151 · LETTRE LVIII · texte numérisé non relu

LETTRE LVIII

a lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire par M. de Chambor > mt donne tant de jqie que je n'en aurai jamais de pareille. C'éioit trop, pour le service que je vous ai rendu, de me faire connoitre que vous étiez satisfait de moi , sans y ajouter tant de témoignages de reconnoissance, qui me rendent confus. Mais, sans vous importuner davantage de mon ressentiment, je vous dirai qu'enfin nous avons fait passer la Moselle à M. de Lorraine' avec son armée, et que ses troupes ont reçu aujourd'hui le pain de munition par les mains des commissaires espagnols, et qu'elles sont logées <dans leur pays. Je remène M. de Chàmtor coucher à Luxem-^ bourg, d'où nous prétendons aller demain à Sedan, moyennant les relais <iue vous avez en-

I . Il ètoit major au régiment du Terrail. La Gazette le nomme dans la relation du combat de Poligny en i6|8. Elle le cite comme n ayant fait des merveilles » à la bataille de Lens.

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voyés à moitié chemin. J'ose vous supplier trèshumblement de souffrir encore quelque temps ^ et de ne point combattre M. de Châtilion que M. de Lorraine ne vous ait joint, afin d'aller à une victoire certaine. Vos affaires sont en si beau chemin cjue ce seroit une affliction étemelle pour vos serviteurs si vous faisiez quelque chose qui les troublât; et, vu les intelligences que vous avez en France et l'engagement de la principale armée au siège d'Aire , il est impossible qu'on vous empêche d'aller jusqu'à Paris/ où vous serez reçu avec joie. Au nom de Dieu , ajoutez encore deux ou trois jours de patience à celle que vous ^vez eue jusiju'ici, et, puisque vous êtes satisfait de ma négociation , ne remettez pas le conseil que je prends la liberté de vous donner.

A Grevemaquer, ce samedi au matin.... juillet 1641.

A MADAME LA DUCHESSE DE CHEVREUSE

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