La duchesse d'Aiguillon
2. « Madame de Chevreuse Tavoit donné à la Reine pour servir à elle et à la maison de Vendôme. » {Lettre du P. Carré.)
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de cent mille écus. Madame de Chevreuse , oui est bien avec elle , me continue la confiance qu'oie a toujours témoigné avoir en moi. Je suis bien traité de M. le cardinal Mazarin, qui apparonment sera le ministre ; tout ce qu'U y a ia de gens de qualité recherchent mon commerce et mon amitié. Enfin je suis dans les divertissements des plus considérables personnes de la Cour, et it semble que je suis en état d'accorder le plaisant et l'utile. Avec tout cela, j'ai peur d'un revers. J'ai des amis ^ qui n'ont pas toute la prudence qui seroit à désirer: ils se font un honneur à leur mode , et donnent des habits si extraordinaires à la vertu qu'elle me semble toute déguisée ; de sorte qu'encore qu'ils ayent toutes les bonnes qualités essentielles, ils s'en servent si mal que l'applaudissement qu'ils se sont attiré ne senora peut-être qu'à leur destruction. Cependant nous sommes plusieurs qui les conseillons; la plupart partageront leur bonne fortune s'ils réussissent , et, quoique leurs conseils soient suivis plus souvent, ils sauront si bien se ménager qu'ils ne seront point enveloppés dans leurs disgrâces s'il leur en arrive. Nous sommes deux ou trois menacés du contraire, car, s'ils sont heureux, nous les contredisons trop souvent pour être les premiers d.ans leur esprit; et, s'ils sont malheureux^ comme nous sommes incapables de biaiser, tout le monde tombera sur nous , et pourra nous accabler. Ils ont pour but de pousser deux hommes dans le ministère , dont l'un est homme de bien, mais il a l'esprit si fort incapable des grandes