LETTRE LXXIX
e crois que vous ne ferez pas long séjour ici ' après moi^ ce q^ui arriva hier regardant aussi bien M. de Beauvais ' comme nous. Je me persuade qu'il aura ordre d'aller à son évêché, et comme vous n'êtes ici que pour lui , étant son proche parent, vous prendrez à mon avis le chemin des Resvintes. Donnez-vous, s'il vous plaît, la peine de passer à Vert, où vous saurez de mes nouvelles et le lieu où nous pourrons nous voir. Cependant je vous conjure d'assurer M. de
I . L'évéque de Beauvais; qui fut en effet renvoyé dans son diocèse.
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dérables , il est assez juste que je vous témoigne à quel point cette marque de votre générosité m'est sensible. Je vous avoue que cela m'est arrivé dans mon besoin et dans un temps où j'allois être à charge à mes amis, auxquels je suis bien aise de ne rien emprunter, afin de n'avoir obligation qu'à vous. Au reste, Madame, je partirai demam pour aller à Cousières * , où l'espère vous voir aussi secrètement que )'ai feit à Dampierre.
Ce.... juin 1644.
A LA MÊME
LETTRE LXXXIL
'ai appris avec un double déplaisir votre retraite hors de France, l'un pour les peines que vous avez eues , et l'autre pour ne les avoir pas partagées , comme vous m'aviez fait l'honneur de me le promettre lorsque j'eus celui de vous voir à Cousières. Je sais bien que votre départ a été précipité et qu'il étoit impossible de me le mander aussi ne m'en prends-je qu'à la continuation de ma mauvaise fortune. Mais, Madame, quand vous serez en un lieu fixe , je vous demande la grâce de me le mander, afin que je m'y rende; aussi bien on ne peut souffrir davantage que je fais en France , tant à cause de la peine que j'ai à m'observer que pour celle d'être
I. Charmante habitation dans la vallée de IMndre, tout près de Montbazon, département d'Indre-et-Loire.
d'Alex, de Campion. 397
éloigné de vous et de ne vous pouvoir rendre les services à cjuoi l'obligation que je vous ai et mon inclination m'engagent. Il falloit encore cette dernière sortie du royaume pour achever d'illustrer votre nom par toute l'Europe. Ce qui m'en fâche est qu'on ne pourra parler de cette retraite si judicieuse qu'on ne le fasse des injustes persécutions que vous font des personnes pour qui vous et moi avons toute l'affection et tous les respects possibles ; mais , Madame , comme on les a prévenues de sentiments à notre préjudice , il ne faut pas que cela diminue ceux que vous avez eus toute votre vie pour leur service. Si j'ose joindre mes intérêts aux vôtres, c'est parce que je prétends qu'ils y seront toujours attachés, et non pas que je sorte du res- Ï)ect que je vous dois. Le général d'armée et e soldat sont de même parti; cependant, cela n'empêche pas la différence qui est entre eux. Au reste , je vous envoie un chiffre plus difficile à expliquer que tous ceux que nous avons; et je ne manquerai pas de vous écrire par toutes les voies que je pourrai découvrir, en attendant que vous m'ayez donné la permission de me rendre auprès de vous, que je ne recevrai jamais sitôt que je le désire.
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