‹ Mémoires de Henri de CampionChapitre 28 sur 151 · Il étoit le dixième major du régiment · texte numérisé non relu

Il étoit le dixième major du régiment

3. Henri de Grammont, comte de Toulongeon. Il étoit enseigne en 1637. L'année suivante, il fut blessé au combat de Poligny. Capitaine en 1641 , il fut blessé d'un coup de pierre devant Coni en montant à Tassant, et reçut une mousquetade à la jambe pendant le siège de Tortone le 13 novembre 1642.

Année 1639. ^^^

en cas quHl ne fût pas secouru avant le jour dés Rois. Lorsque toutes les troupes furent à Sigean, l'on marcha par les montagnes jusqu'à une lieue de Salces, avec le projet d'attaquer la nuit par la hauteur au-dessus de la place, dans l'espérance que l'obscurité nous seroit favorable. Le maréchal de Schomberg étoit au désespoir d'avoir une commission où il étoit assuré d'échouer, mais il craignoit de perdre sa fortune s'il ne hasardoit pas comme la Cour l'ordonnoit. Il fit la revue de l'armée, qui ne se trouva que de trois mille cinq cents hommes de pié et de douze cents chevaux; il assembla ensuite le conseil, le duc de Nemours et le marquis de Coilln présens, et manda tous les commandans des corps d'infanterie pour savoir s'ils étoient d'avis d'attaquer. Espanelle, comme commandant du plus ancien régiment, répondit, après avoir consulté avec les autres, qu'ils étoient venus pour déclarer que l'infantene exécuteroit tous les ordres qu'on lui donneroit; mais que puisc^ue, contre les anciennes règles, on ne les avoit point appelés aux délibérations d'attac^ues et d'assauts où il y avoit apparence de réussir, il n'étoit pas raisonnable qu'ils opinassent dans une affaire désespérée, pour mettre les autres à couvert du blâme; qu'ils se bomoient donc à assurer qu'ils ne demandoient au'à obéir. Ensuite le marquis de Coilin, plus hardi que les autres, comme proche parent au cardinal de Richelieu, dit qu'il s'étonnoit que l'on agitât de tenter avec quatre mille hommes une chose qui , selon la vraisemblance , ne réussiroit pas avec trente mille. Après qu'il eut parlé ainsi, les autres déclarèrent hardiment

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connues. J'écrivois toujours souvent à mademoiselle de Fontaine , ma maîtresse , et en reçus des réponses très-obligeantes, jusqu'au printemps de i6ao, qu'elle cessa de me donner de ses nouvelles sans que j'en pusse deviner la cause. Vers cette époque on leva les garnisons du Haut-Languedoc pour les faire marcher dans le Vivarais, du côté du Pont-Saint-Esprit, afin qu'elles fussent en mesure de passer promptement en Italie , s'il en étoit besoin, comme il y avoit apparence. L'on mit notre régiment à Saint-Marcel-d'Ardèche 1 et aux environs à deux lieues du Saint- Esprit. Afin d'instruire mes enfants et descendans , pour qui seuls j'écris , des raisons qui nous firent envoyer en Italie, il est nécessaire que je raconte succinctement ce qui s'était fait en Piémont l'année précédente et celle où nous étions, quoique mon intention soit de n'écrire que les choses que j'ai vues; mais ces détails sont utiles pour l'éclaircissement des actions dont je fus témoin.

Après la mort de Victor-Amédée 1er, duc de Savoie, Chrétienne de France, sa femme, sœur du roi Louis XIII , fut déclarée Régente de ses États 3, pendant la minorité de ses enfans). Le cardinal Maurice de Savoie et le prince Thomas, frères du défunt, mécontens qu'une femme •étrangère

1. ville dans le Bas-Languedoc, diocèse de Viviers; aujourd'hui dans le canton de Bourg-Saint-Andéol, département de TArdèche.

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