Le 20 août
2^8 MÉMOIRES DE CaMPION.
maison qu'à son retour d'Italie, d'où il revenoit avec la permission du Roi. Le fils avoit aussi obtenu celle de demeurer dans ses maisons. Quoique je visse que le dessein qui l'obli^eoit à me tenir éloigné de lui ne pouvoit partir de nids bons sentimens pour moi, je me voulus tenir dans l'obéissance, tant pour ne lui donner aucun prétexte que parce que je savois qu'il se loudt de moi, en disant mille choses avantageuses à tout le monde. Mais il n'en étoit pas de même à l'égard de mon frère, soit que MM. de Vendôme crussent encore quelque chose des méchancetés que l'on avoit dites, ou qu'ils trouvassent qu'il s'étoit défendu avec trop de fierté , si plutôt ce n'étoit pour être fâchés de l'avoir onensé en croyant ces choses trop facilement, ils persistèrent à ne le point voir, se contentant de ne parler plus de l'affaire; et j'enferoisde même -si ce n'étoit qu'à présent, le cardinal Mazarin étant mort », il n'y a plus à craindre de leur nuire ni à personne en disant les choses comme elles sont. Nos affaires étoient en cet état, c'est--à-dire que mon frère se justifioit et que j'attendois des nouvelles du duc de Beaufort, quand l'on forma le blocus de Paris, au commencement duquel les ducs de Bouillon et d'Elbeuf ayant pris le parti du parlement et du peuple, peu de jours après , le prince de Conti * et le duc de Longueville firent la même chose, quittant Saint-Germain pour se rendre à Paris , où le duc de Beaufort
1. Cela du moins a été écrit après le 9 mars i66f, date de la mort du cardinal Mazarin.