‹ Mémoires de Henri de CampionChapitre 56 sur 151 · LETTRE IV · texte numérisé non relu

LETTRE IV

La lettre que vous m'avez fait Thonneur de m'écrire m'a fait hâter mon retour de la campagne, pour venir apprendre sur les lieux l'état de la Cour de l'hotel de Soissons , depuis l'éloignement de M. de Senneterre, où je trouve tout assez pacifique, la guerre civile dont cet éloignement nous menaçoit étant presque aussitôt éteinte qu'allumée ; j'aurois pourtant souhaité deux choses : l'une, que* Monsieur le Cardinal n'en eût pas pris connoissance; et l'autre, que M. le Comte n'eût point été le chercher dans sa maison; la première, à cause que l'entremise d'un homme qui gouverne l'État paroîtra dans le public un ordre donné par lequel il aura été nécessité de faire ce qu'il a volontairement accordé ; et l'autre , d'autant qu'on l'accusera de violence et d'injustice, comme l^on fit lorsqu'il fit maltraiter **', vu que ces sortes d'actions

I . Le baron de Coupet. C'étoit le fils d'un secrétaire du connétable de Lesdicuiéres. Le comte de Soissons lui fit donner des coups de bâton par Beauregard , son capitaine des gardes, à cause de quelques paroles inconvenantes quMl avoit adressées à madame de Chalais dans le jardin des Tuileries. Cette aventure fit beaucoup de bruit. On blâma

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sont connues de tout le monde , et le sujet qu'on a de les faire de quelques particuliers seulement; et il me semble que les personnes de sa naissance ne doivent pas exposer si légèrement leur réputation pour contenter leurs passions. Vous me direz peut-être oue je m'intéresse fort pour un prince dans les affaires duquel je n'ai aucune part , et dont je n'ai à me louer que de sa seule civilité ; mais je vous avoue qu'encore qu'on pût désirer en lui quelque accortise qui ne lui est pas naturelle et qu'il peut acquérir avec le temps , j'ai une très grande inclination pour sa personne, lui trouvant de la parole et de l'amitié, qualités peu ordinaires à ceux de sa condition, et je ne vous cèle point que j'aurois joie d'être à lui , tant pour ces raisons qu'à cause

aue vous témoignez le désirer. Ce qui est tout ire pour moi.

De Paris, ce....

A LA MÊME

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