Voir la Préface
2. Elles furent mariées toutes deux : l'une à un cadet de Martinville, comme nous le verrôhs plus loin; l'autre à Antoine Guillard , seigneur de Berville. Le général de Grimoard , qui a eu entre les mains les papiers de la famille , dit qu'elles s'appeloient Anne toutes deux. Il y a dans le Recueil de lettres qui peuvent servir à Vhisîoire^ des lettres adressées à madzpe ae Vacœuil et à madame de Berville; mais elles n'ont rien d'historique. La dernière figure sous le nom de Philarète dans le huitième des Entretiens sur divers sujets d'histoire, de politique et de morale.
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j'ai jamais eu de bons sentimens à cet excdient auteur, lequel est, selon moi, k seul qui peut nous apprendre à bien vivre, comme Mon* taigne à nous bien connoitre et Sâièque à bien mourir. La lecture fut donc l'étude et en mtee temps le divertissement de mon enEuice, que je passai presc^ue toute entière chez M. Edme oe Pilliers, seigneur du Parc-Roncerai > , frère de
I . Roncenay et non Roncerai. Après l'arrestation du doc de Beaufort en 164), le sieur Du Parc eut de fréquentes relations avec le duc de Vendôme , qui, retiré à Anet, veîlloit sur les complices de son fils et s'efTorçoit de retenir lei restes du parti. On lit dans les Avis ( adressés à Mazirin ) de ce qui se faisait et iisoit à Anet et touchant Campkm, sous la date de septembre : « M. de Vend&me a force visites à Anet... M. Du Parc Roncenay, oncle de Campioii, j est souvent. » Appendice du livre de M. Cousin : Madame ie Chevreuse et madame de Hautefort.
Le sieur Du Parc est auteur d'un très-médiocre sonnet sor les Hommes illustres de M. de Campion. Nous n'en citerons que le premier vers :
lUastre en tes vertus, illustre en ta naissance.
C'est à Alexandre de Campion que cela s'adresse.
Nous ne connoissons rien de plus du sieur Dn Parc. Le
{général de Grimoard a relevé sur le manuscrit des Mémoires a note suivante : « Il est parlé de lui fort avantageusement dans les Conseils d'un bon pire à ses enfants, par M. de La
lêpassage qui suit du chapi fait cette grâce, étant en cour, d'avoir été reçu depuis vingtsix ans dans une conversation dont deux frères d'un nom , d'un mérite et d'une vie illustre en sont les principaux tenans. Il se fait tous les jours , sur le soir, un certain concert d'amis en leur maison , où toutes choses se passent avec une telle harmonie et avec tant de douceur et ae discrétion que je n'ai jamais eu de trouble en l'esprit qui ne se soit
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ma mère, homme rempli d'excellentes qualités, lec[uel me faisoit rendre compte de ce que j'avois lu, m'obligeoit à dire mon opinion sur ce que je lui racontois y avoir trouvé de plus remarquable, en raisonnoit avec moi, et m'en faisoit conférer encore avec la bonne compagnie qui se trouvoit ordinairement chez lui, ann que je fusse mieux instruit. Voilà, pour dire la vérité, les seules études auxquelles je m'appliquai jusau'à l'âge de dix-huit ans, qu'il y avoit peu de livres françois que je n'eusse lus et dont je ne susse ce qu'ils contenoient de plus essentiel, particulièrement ceux qui traitent d'histoire, que j'ai toujours préférés aux autres, excepté Sénèque et Montaigne, qui sont toujours mes véritables favoris.
J'étois, au reste, d'un naturel assez réfléchi, mais impatient, mécontent d'être repris ou obligé de demander ce que je ne savois point, m'imaçinant qu'il y a cie la honte à convenir qu'on Ignore quelque chose; ce qui m'a empêché d'en apprendre beaucoup, que je reconnois bien à présent qui m'eussent été fort utiles. J'avois, en outre, l'humeur plus aïtière qu'il ne convenoit; je paroissois suffisant et présomp-
dissipé en cette compagnie.» Page 227 de Tédition de
Mais le sieur Du Parc avoit-il un frère ? s'il en avoit un , quel étoit-il ? nous n'avons point de réponses à ces questions. Nous ne saurions donc affirmer c[\xt le pssage de La Hoguette réponde effectivement à l'idée de la note.
Si pourtant il en étoit bien ainsi , il y auroit à faire cette remarque : que les réunions ^ui ont donné naissance aux Entretiens de l'abbé de Campion étoient une tradition de famille.
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tueux, ce qui ne venoit toutefois pas tant de trop bonne opinion que j'eusse de moi, que de mépris pour ceux avec qui j'étois en commerce, desquels je remarquois, avec une facilité éumnante, les bonnes et les mauvaises qualité; et comme en la plupart je trouvois plus des dernières ^ue des premières, j'aurois cru me faire tort si je leur eusse témoigné de l'estime. A dire la vérité, je n'étois pas plus satisfait de moi que des autres; mais je m'attachois tellement à le paroltre qu'on avoit lieu de me croire l'en&nt du monde le plus présomptueux; ce qui étoh cause que je n'étois point aimé de ceux de mon âge, à moins que je n'eusse demeuré c|uelque temps avec eux; car alors la fréquentation faisant connoitre que ma suffisance n'étoit qu'extérieure, et que mon humeur étoit accommodante et dénuée de malice, on ne pouvoit guère s'empêcher de m'accorder de l'amitié.
L'ambition et l'envie d'acauérir de la réputation ne me laissoient point cte repos, et furent ma plus forte passion dès ma tendre jeunesse; mais le manque d'expérience m'empêchant de faire réflexion qu'il faut commencer par les petites choses pour pouvoir parvenir un jour aux grandes, la prévention où j'étois que j'avois une
f>artie des qualités qui peuvent procurer de 'estime à ceux qui les ont, faisoit aue je prétendois l'obtenir par la seule envie ae faire des actions qui la font mériter ; mais puisque je fais ici une espèce de confession générale, je ne puis m'empêcher d'avouer que, si d'un côté mes mœurs ont été assez bonnes selon la morale, en ce que j'ai toujours regardé l'équité comme
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le point essentiel selon lequel l'homme doit se gouverner, et que j'ai été Pennemi déclaré du vice, de l'autre je me suis trouvé plus enclin que personne du monde à l'amour, avec cette circonstance assez extraordinaire que, bien qu'en l'absence des femmes qui me l'ont inspiré j'aie souhaité leurs dernières faveurs, je me suis trouvé tout autre étant avec elles, et la timidité qui m'a dominé , et quelquefois aussi les réflexions , m'ont fait éviter jusqu'à présent de les presser de m'accorder ce qu'elles n'auroient pu avouer sans honte. Que ceux qui liront ceci se moquent de moi s'ils veulent , mais voilà la vérité sur cet article , en quoi je suis persuadé que peu d'hommes voudront m'imiter. Enfin, je me puis dire le plus licencieux de tous en pensées et quelquefois en paroles dans le particulier, et le moms en effets.
J'ai déjà observé que l'ambition étbit de tout temps ma passion dominante; elle m'a harcelé de telle sorte, que l'étude, mes malheurs et beaucoup de combats intérieurs ne me l'ont pu faire vaincre qu'à quarante ans; encore suis-je contraint d'avouer que ma mauvaise fortune y a plus fait que tout le reste. Une des choses qui a le plus contribué à mon peu d'avancement, est que je ne pouvois me résoudre à obéir à ceux qui n'étoient pas plus que moi en qualité, et que jefcrojrois moindres en suffisance; ce qui étoit peu judicieux, puisqu'il est impossible qu'un homme s'élève au-dessus de saspnère sans avoir été soumis à beaucoup d'autres. Les rois et les casaniers sont les seuls qui n'obéissent à personne ; les uns pour être nés maîtres de
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tous ceux gui les approchent, et les autres par paresse, ann de passer leur vie inutilement et sans contrainte. C^oique M. de Piliiers du Part, mon oncle, dont piai parlé ci-dessus, fût à-peuprès de ce caractère, c'étoit néanmoins un nomme rempli d'excellentes qualités , et trtecapable d'être admis aux afraires publiques, mais qui, pour n'avoir jamais voulu de supérieur, est demeuré inutile à lui-même et à sa patrie ; au lieu que s'il avoit pu se résoudre à obéir à quelqu'un, je suis persuadé qu'il aurait à la fin commandé à plusieurs. Comme il avoit beaucoup de lecture, il devoit avoir remarqué que César, avant de s'être rendu maître du monde, avoit obéi au préteur Thermus et aux autres magistrats de Rome, et que, de notre temps, le duc Bernard de Saxe-Weimar *, ayant commencé par être capitaine d'in&nterie en Hollande, s'est rendu par la suite un des plus grands hommes de guerre de son siècle.
Quoique mon oncle m'eût donné beaucoup d'excellentes instructions et de bons exemples, je meplaindrois cependant, s'il m'étoit permis, de ce qu'ayant presque toujours demeuré avec lui jusqu'à l'âge de dix-^uit ans, il m'a, pour ainsi dire, si bien imprimé dans l'esprit cette aversion qu'il a toujours eue d'obéir, que ce n'a été qu'avec une peine infinie que je l'ai surmontée; aussi fiit-ce lui qui en ressentit les premiers effets; car après que, selon la coutume de la
I. Bernard, duc de Saxe-Weimar, né le 4 août 160^, mort le 18 juillet 1639. il fut l'un des plus grands capitaines de son temps. Il se donna à la France avec son armée tn 1635, par un traité daté du 26 octobre.
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jeune noblesse d'alors, j'eus fini mes exercices et porté le mousquet dans le régiment des Gardes, je pris contre sa volonté, en 1652, une enseigne dans celui du sieur de Cargret ^ vieux guerrier fort estimé, avec qui je restai deux ans, après lequel temps Gaston de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIII, lassé de l'exil volontaire qu'il s'étoit imposé à Bruxelles à la suite de l'exécution du duc de Montmorenci ^ , dont il n'avoit pu obtenir la grâce , témoigna vouloir s'en ressentir et rentrer encore une fois en France à main armée. Je (quittai mon emploi en 1634, de la manière que )e vais raconter.
Ce prince, malgré l'aversion qu'il devoit avoir contre le cardinal de Richelieu, l'auteur de ses malheurs, avoit intérêt, pour plus d'une raison, de revenir dans le royaume d'une manière ou d'autre; et pour y réussir, il voulut avoir deux cordes à son arc. D'un côté, le sieur du Fargis^,
1 . U est du nombre des gentilshommes dont l'espion de Mazarin signale la présence à Anet en septembre 1643 : Avis de ce qui se faisait et disait à Anet et touchant Campion. Le cardinal Va inscrit en conséquence sur son troisième carnet : ic Ha tre relassi dà qui à Aneto ; e si fanno grandi assemblée di gente... Cargret, Clincian con un paggio. »
Cette même année 1643, le sieur de Cargret fut employé avec son régiment au siège de Rothweil , qui se rendit le 19 novembre. Il fut à l'ouverture de la tranchée le 8, rentra en garde le 12 et fit un logement à la descente du fossé. Le 17, il fit charger les fourneaux de la mine qui ouvrit la brèche. Gazette, Extraordinaire du 10 décembre.
2. Henri II, duc de Montmorency, fait prisonnier à la bataille de Castelnaudary le i septembre 1632, et décapité à Toulouse le ^o octobre suivant.
3. Charles d'Angennes, comte du Fargis. Il avoit été am~ bassadeurde France en Espagne depuis 161 8 jusqu'en 1629.
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qui paroissoit être son homme de confiance , négocioit avec le marquis d'Aitona, gouveraeur- Çénérai des Pajs-Bas Espagnols, afin d'obtenir du roi Catholique , son maître , des secours d'hommes et d'argent pour former une armée capable, avec les intelligences qu'il avoit en France, de chasser le cardinal et de se rétablir auprès du Roi , son frère , dans l'état où naturellement il devoit être. D'un autre côté , Puilaurens ', favori de Gaston , et-du Coudrai-Montpensier^, qui étoit aussi de son conseil, ménageoient un autre traité avec les ministres confidens du Cardinal pour le retour du Prince dans le royaume ; mais si secrètement que personne n'en avoit connoissance, à l'exception des intéressés et de ceux qu'ils employoient, lesquels, sous divers prétextes, alloient et revenoient sans obstacle, par la paix qui étoit alors entre la France et l'Espagne. Cette affaire fiit si bien ménagée que , moyennant l'assurance d'un duchépairie pour le sieur de Puilaurens, et du mariage ûe ce favori de Gaston avec la plus jeune des filles du sieur de Pontchâteau 5 , dont la femme étoit cousine-germaine du Cardinal, et de beaucoup d'autres avantages très-considérables, il détermina le Prince son maître à retourner en France.
Comme pendant qu'on négocioit ce traité , qui n'étoit su , ainsi que je viens de le dire , que de ceux que j'ai nommés , le sieur du Fargis avan-