‹ Mémoires de Henri de CampionChapitre 80 sur 151 · LETTRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXXVIII

La Notre-Dame des Avents » est passée , et le ministre n'est pas arrêté , comme on nous i'avoit fait espérer. J'ai parié au Père qui vous avoit dit cette nouvelle, qui m'a assuré que le Père Caussin >, allant de Saint-Germain à Paris pour parler à M. d'Angoulème de la part du Roi, t'avoit manqué , parce que du même temps il alloit à Ruel voir M. le Cardinal ; à quoi il a ajouté que, le Roi parlant de l'affaire à M. d'Angoulème, il crut que c'étoit pour le sonder, de sorte qu'il dit mille biens du ministre et du ministère ; ce qui fit que le Roi témoigna à M. le Cardinal l'obligation qu'il avoit à ce Prince. De sorte que, si ce discours est vrai , je ne doute point de l'éloignement du Père Caussin ? ; mais, quoi qu'il en soit, le roi étant persuadé qu'il a besoin de son Ministre , oui est habile et heureux, je vous demande paraon si je vous dis que je me ris des négociations du cabinet pour le perdre : il est trop bien établi pour les craindre, et ce sont chimères que des filles 4 et d'autres gens bien

1 . C'est la fête de la Conception de la Sainte-Vierge, qui se célèbre le 8 décembre.

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