LETTRE XLII
M de Riquemont ' m'est venu voir au re- • tour de Saint-Germain, et m'a dit la joie que la Reine lui a témoignée d'avoir un aauphin. Elle ne doute point de la vôtre , et ses serviteurs sont dans un ravissement incroyable. Un des vôtres venoit de sortir d'auprès de mon lit, où, ayant longtemps raisonné ensemble sur cette miraculeuse naissance, qui doit réjouir tous les gens de bien , nous sommes convenus tous deux que la Reine n'aura pas plus de crédit auprès du
I. Faut-il lire d'Enriquemont , ou mieux encore d*Enrichemont? Ce seroit alors Maximilien-François de Béthune, prince d'Enrichemont , puis duc de Sully.
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Roi pour cela, et que M. le Cardinal redoubler» ses soins pour la rendre suspecte , joint à quelques autres raisons dont nous parlâmes le soir Sue je vous quittai , et dont j'ai bien appris du étail. Sitôt que ma fièvre tierce me pourra permettre de monter à cheval , j'espère vous en aller rendre compte ; mais, comme la fin de mon accès me donne quelque fiberté de vous écrire, je prendrai celle de vous dire qu'encore que je sois assez bien instruit de vos intentions sur le sacrement , je ne laisse pas de témoigner à tous ceux qui m'en parlent ce que je crois conforme à leurs inclinations; et je pense que vous ne désa-^ gréerez pas , ayant l'honneur d'avoir votre secret • , que je laisse espérer à toutes les Princesses , et à ceux à qui elles appartiennent, que je m'imagine que votre inclination ifoit pour elles si vous étiez libre : cela les conserve dans vos intérêts et leur fait haïr le ministre, qu'ils croient butter ailleurs à leur désavantage. Enfin vous me permettrez de vous dire qu'il faut que vous fassiez de vous comme le duc de Bourgogne faîsoit de sa fille, c'est-à-dire vous faire espérer à toutes, et attendre le temps que vous pourrez
I . Le secret de la liaison du prince avec madame de Guimené. Tallemant des Réaux raconte qu'en montrant le chevalier de Rohan, le prince de Guimené disoit : « Pour celui-là, on ne dira pas qu'il n'est pas prince. ««C'est, ajoute-t-il, qu'on trouva un billet de madame de Guimené à M. le Comte, où il y avoit : « Je vous mènerai votre fils. » ( Historiette de M. et Madame de Guimené.) La lettre soixantedixième d'Alexandre de Campion est adressée à de Thou, à oui il envoie deux boîtes du comte de Boissons, contenant des lettres et un portrait de madame de Guimené* .
d'Alex, de Campion. 345
parvenir à celle que vous aimez , auprès de qui vous serez fidèlement servi, sur ma parole.
A Paris, ce 8 septembre 1638 *.
AU MÊME