‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 16 sur 231 · Louis de Bourbon, comte de Soissons · texte numérisé non relu

Louis de Bourbon, comte de Soissons

2. Attaqué le 29 septembre 1635, Saint-Mihiel se rendit le 2 octobre.

}. Les notes généalogiques qui sont au dépôt des titres de la Bibliothèque impériale font mention d'un François de Campion, seigneur de Limare, volontaire sous le comte de Soissons en i6)6. C'est apparemment celui dont il s'agit ici. Son père Nicolas de Campion^ écuyer, seigneur de Montpoignant, qui se qualifioit en 1 612 de seigneur de Limare, à cause.de ses enfans, parott avoir épousé une demoiselle de Crochet. Nous avons en tout cas appris de la famille que le fief de Limare était entré par une Gruchet dans la maison de Campion. Sans doute à cause de cela , François , qui étoit cadet, prenoit le nom de Gruchet-Limare.

Limare est un hameau de la commune de Crestot , canton dé Neubourg, arrondissement de Louviers, département de l'Eure. Il n'y reste pas tracé de manoir seigneurial. Il y a cinq ou six Gruchet dans la même contrée. Ce ne sont également que des hameaux.

56 MÉMOIRES DE CaMPION.

France, pour m'y ramener en janvier i6j6 , quand je pus monter à cheval. Je passai l'hiver chez ma mère > et tandis que je ne songeois qu'à me rétablir, le Roi ayant donné une compagnie dans le régiment de Navarre à Quinserot ' , lieutenant de celle dont j'étois alors enseigne dans celui de Normandie, il me nomma à la lieutenance vacante.

Au printemps de i6?6, je fus employé avec d'autres à faire une recrue pour le régiment de Normandie à Évreux, Dreux, Mantes et Chartres. Les capitaines c]^ tous les corps s'étant Î>iaints de la (ufSculté de se procurer des hommes, e conseil du Roi rendit une ordonnance par laquelle chaque élection du royaume étoit obligée de fournir un certain nombre de recru.es, levées dans les paroisses, qui en répondoient et remplaçoient ceux qui manquoient. Rien ne pouvoit être plus utile au Roi et aux officiers, si on eut exécuté cet arrangement à la lettre; mais comme il y a dans toutes sortes de professions des gens avides de profits illicites et honteux, et que le militaire n'est pas exempt de ce vice, l'on ne fut pas long-temps à s'appercevoir que cette ordonnance ruinoit le peuple et les armées , en ce ue la plupart des officiers , (je suis fâché de le lire ici à leur honte,) s'accommodant pour de l'argent avec ce qu'on appelle les coqs de paroisse, afin d'exempter leurs fils du service, ils achetoient ensuite à vil prix de misérables gueux

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I. Ce n'est pas celui qui fut tué en 1649 devant Charenton , à moins que Roussel ne se trompe quand il le fait capitaine en 1642 et premier capitaine en 1647.

Année i6)6. 57

çt des enfans incapables de porter les armes. Les officiers restés au régiment de Normandie pendant l'hiver me nommèrent, avec d'Orgemont, dont j'ai parié ci-dessus, et quelques autres, pour choisir et amener les hommes destinés à ce corps. Comme Dieu m'a fait la grâce de me 'donner des inclinations convenables à l'honneur ^ue j'ai d'être gentilhomme, et qu'heureusement :'ftn trouvai de pareilles dans les officiers qu'on m'avoit associés, nous nous attachâmes à suivre exactement la règle prescrite ; aussi nous ne fîmes que d'excellentes recrues.

Notre dernier quartier d'assemblée fut indiqué à Evreux , avec ordre de nous rendre ensuite en Beausse pour joindre les hommes mis sur pié dans les autres élections. Nous partîmes d'Evreux avec trois cents hommes , pour aller coucher à Bu I, bourç à une lieue ait-deià d'Anet^, et où étoit alors la première étape. Le sieur de Saint- Germain-Berchèreî, mon parent, vobin de ce Heu , vint me trouver en chemin , pour me solliciter sur des choses qui l'intéressoient et que j'arrangeai comme il le désiroit. Il me dit ensuite que les habitans de Bu étant mutins et insolens au dernier point, il étoit douteux cju'ils nous reçussent , parce qu^ils s'étoient déjà moqués

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