‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 167 sur 231 · LETTRE XCIII · texte numérisé non relu

LETTRE XCIII

Je fus il y a (quinze jours avec M. de Longueville à Chantilly, où était la Cour; il me présenta à M. le Cardinal tout à fait obligeamment , et j'en fus si bien reçu qu'il ne s'y peut rien ajouter; de sorte qu'il voulut me présenter à la Reine, et je trouve quelque jour à rentrer près d'elle. Mais de la manière dont la Cour est corn* posée, je ne vois pas que ceux qui sont à elle fassent aucune fortune, ni même qu'ils tirent de grands avantages; de plus, il n'y a rien de si difficile que de faire ici sa cour, et il m'est fort fâcheux, après y avoir été en la posture où je m'y suis vu, de recommencer comme un jouvenceau. Je me suis servi de M. de Lionne* pour parler à M. le Cardinal, qui m'a reçu aussi bien à Paris qu'à Chantilly; mais, comme il m'a dit qu'il parleroit de mes intérêts à la Reine, et que toutes les civilités n'ont abouti à rien de concluant, j'ai peur de m'embarquer encore ici à une dépense pour achever de m'accabler, sans avoir aucune certitude d'un établissement solide. Je lui dirai nettement ma pensée la première fois que je pourrai l'approcher ; mais j'ai pris garde que l'on traite bien les gens d'abord, et qu'après on a peine à les regarder. M. de Lionne même, qui en avoit usé si généreusement la.pre-

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