Le combat de Poligny fut livré le 18 juin
82 MÉMOIRES DE CaMPION.
avoient fui se furent ralliées, la nuit vint, et obligea chacun de se tenir dans son poste , les deux années croyant avoir eu du pire ; nous à cause que la plupart de notre aile droite avoit été en déroute , et les ennemis parce que nous avions emporté les retranchemens de la leur et pris trois pièces de canon. La nuit, il arriva une chose qui n'a guère d'exemple : c'est que le duc de Lorraine, faisant prendre les devants à son artillerie, car il tfâvoit point amené de bagage non plus que nous, se retira à Salins, et que le duc de Longueville, en même temps, faisant repasser les bois à son armée, retoumoit au lieu d'où il étoit venu; les deux généraux pensoient avoir eu du désavantage. Le lendemain le reste de nos troupes arriva, et nous eûmes l'avis de la retraite aei ennemis; ce qui nous fit retourner au champ de bataille, et nous rendit maître des morts, montant de notre cAté à cina ou six cents, et de celui des ennemis à près oe mille. Ce retour, jcnnt aux trois pièces de canon aue nous avions gagnées, nous donna l'honneur au combat.
Le duc de Longueville, se voyant fortifié de trois mille hommes, alla assiéger Poligni, où l'on fit brèche au bout de quatre jours. Les assiégés attendirent l'assaut à leur ordinaire. Troisville , notre major, monta le premier à la brèche, qui fut forcée. Renti', capitaine dans notre régiment , y eut une mousquetade dans le corps, etla Fonds', lieutenant, une dans l'épaule.
K La Gazette le nomme parmi ceux qui se distinguèrent au siège de Tortone en 1642.