‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 76 sur 231 · LETTRE III · texte numérisé non relu

LETTRE III

ous avez raison de me conseiller d'essayer à m'établir dans Thôtel de Soissons par la voie de M. de Senneterre*, et vous demeurerez peut-être d'accord que je n'ai pas tort d'être d'un sentiment contraire; vous, parce ^ue l'on ne réussit presque jamais auprès de Rois et de Princes qui ont des favoris, à moins de vouloir tenir d'eux les grâces qu'on prétend des maîtres ; et moi , à cause qu'ayant sondé le chemin inutilement, j'ai trouvé un homme qui se persuade qu'un cavalier qui n'a point été nourri dans la Cour ne peut être qu'un provincial sans esprit et sans conduite. De plus, je pense avoir décou-»

1 . Peut-être Mademoiselle Marie Gastelle, ou, suivant TaU lemant, Galateau Des Roches, qui épousa en 16^8, Pierre La Lane ou de La Lane , fils d'un garde des rôles du conseil privé, dont on a quelques vers publiés par Saint-Marc avec ceux de Montplaisir : Poésies de La Lane et du marquis de Montplaisir, Amsterdam, 1759, p. in- 12. Il y a dans notre recueil une lettre adressée de Sedan, mab sans date, à madame de La Lane. C'est la quarante-troisième. Elle n'a qu'un intérêt purement littéraire. Alexandre de Campion y remercie madame de La Lane des vers de son mari qu'elle lui a envoyés , et surtout lui donne des louanges passionnées à propos d'un madrigal qu'elle a joint à sa lettre. Voir la préface; et pour un plus complet éclaircissement, l'historiette de La Lane dans le sixième volume de Tallemant des Réaux, édition de M. Paulin Paris.

2. Henri de Saint-Nectaire, marquis de La Ferté-Habert, père du maréchal de La Ferté. il avoit été gouverneur du comte de Soissons.

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vert une cabale contre lui, dans laquelle on fait quelque cas de moi ^ mais pour vous faire voir la confiance que j'ai en vous, et essayer à me rendre digne de celle que vous m'avez fait l'honneur de me témoigner, je vous dirai que Madame de Longueville > a beaucoup de bonté pour moi, et qu'elle hait fort M. de Senneterre ; que d'ailleurs, comme vous le savez, eUe est tout à fait bien avec M. le Comte : or j'ai decouvert depuis quelques jours que tant de conférences qu'ils ont ensemble, et que nous avons remarquées, sont pour chercher les moyens de faire sortir toute la famille de la maison, sans que Madame la Comtesse, qui les aime, faase aucun éclat; cela étant, il me semble qu'il est

Î)lus honorable et plus à propos de me jeter dans e parti de Madame de Longueville qui me recherche, que dans celui de M. de Senneterre <iui méprise mon amitié, puisque si l'une a l'avantage, j'entrerai auprès de M. son père par la belle voie; et si elle succombe, j'essaierai de me venger de ceux qui voudront con^ tribuer à ma ruine. Ce n'est pas que je n'estime Ja conduite et l'esprit de ce favori; mais, ne pouvant rien mériter envers lui, je dois chercher à m'établir par une voie contraire; toutefois, comme je soumets tous mes sentiments aux vôtres, j'attends demain réponse à l'ordinairCj en vous donnant la main pour aller de la Messe en votre carrosse, et j'aurai plus d'obéissance

I. Louise de Bourbon, fille de Charles de Bourbon, comte de Soissons et première femme de Henri II d'Orléans, .duc de Longueville.

pour vos commandemens que de considération pour mes liaisons.

A Paris, ce...

A LA MÊME

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