LETTRE V
J'ai suivi votre conseil : je m'attache auprès de M. le Comte; je le suis dans Paris et à la Cour; mais tout le fruit que j'en aâ tiré,
fort le prince, qui, obligé de s'excuser, prétendit que Coupet n'étoit pas gentilhomme; mais Tallemant des Réaux. raconte que le roi trouva cela très-mauvais : « Je voudrois bien savoir, disoit-il , si je ne puis pas faire un gentilhomme, moi, et si le père de Goupet, ayant été annobli par un roi de France , ne doit pas j^sser pour noble. » HUtorictte de mademoiselle de Senneterre et son frire.
d'Alex, de Campion. 289
depuis cinq mois que je ne le quitte points est qu'il m'adresse souvent la parole ; que je suis toujours dans ses parties, soit à la paume ou autres jeux^ et qu'il témoigne être assez content de mon assiduité. Mais, il ne me parle de rien de sérieux, et je vois qu'il y a bien du chemin à faire pour avoir sa confiance selon votre prédiction, outre que tout le monde n'est pas prévenu comme vous de la bonne opinion que vous avez de moi : il garde peut-être les premières impressions qu'on lui peut avoir données , que )e suis un homme de plaisir qui pourroit contribuer à celui d'un grand prince, mais que je suis incapable d'aucune affaire d'importance ; et vous savez que tous les princes, pour ne se pas donner la peine d'examiner les talens de ceux qui les approchent , s'en rapportent toujours à ce que d'abord on leur en dit , d'où vient qu'ils sont souvent trompés au jugement qu'ils en font; ce n'est pas que je présume que le soin qu'il prendroit de me connoître me fût avantageux, mais toujours il verroit à quoi, je suis propre, et je serois instruit de ce que j'en dois attendre. Je suivrai néanmoins ponctuellement vosadvis, et je n'aurai pas de peine à continuer de lui faire ma cour, puisque cela me fait connoître à tout le monde, et que je suis vos conseils et vos ordres.
De Paris, ce 13 juin 1634.
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A LA MÊME