LETTRE XV
Après la prise de la Capelle * les ennemis investirent Guise, comme on se Pétoit imaginé; mais le voyant muni d'une partie de notre infanterie, ils eurent peur que cette place, Quoique mauvaise, ne les arrêtât trop longtemps, ae sorte qu'ils furent droit au Câtelet, qu'ils ont assiégé: M. le Comte ayant été en personne avec ce qu'il avoit de troupes munir Saint-Quentin , qu'on cfaignoit qu'ils ne voulussent attaquer, il avoit
1 . Oaave Piccolomini, général en chef des armées espagnoles en 1645 et feld-maréchal de TEmpire en 1648.
2. Investie à la fin de juin, La Capelle fut prise le 9 juillet.
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résolu de séjourner encore ici quelque temps ^ pour rassembler toutes les troupes et pour aller dans huit jours à Péronne , ann d'observer la marche des ennemis après la crise du Càtelet, qu'on ne croit pas devoir tenir longtemps > ; mais M. de Voisinet, un des gentilshommes de M. d'Elbeuf , ayant été pris avec un parti des ennemis, a été amené ici, où M. de Belfejambe, intendant de justice, lui fait son procès par ordre de M. le Cardinal. M. delà Frette m'a écrit pires^ samment, comme à son proche parent et à son bon ami^pour contribuer à le tirer de cette méchante afiaire, s'il y a moyen ; à auoi je travaille de tout mon cœur, tant pour l'amour de lui qu'à cause qu'il y a grand plaisir à obliger un brave homme comme celui-là : nous en conférâmes hier, M. de Saint-Ybalt et moi, avec M. le maréchal de Brezay, qui nous dit que ses solfa'citations n'y feroient rien : de sorte que nous conclûmes qu'il lalloit faire déloger l'armée et emmener M. de Beilejambe, sans ravertir qu'une heure auparavant ; ce que M. le Comte nous vient de promettre bien obligeamment, disant qu'il aurait joie de sauver la vie à ce gentilhomme , quoiqu'il fût à M. d'Elbeuf , c^u'il tenoît pour son ennemi. De sorte que nous irons aujoura'hui coucher à Rouy, près Nesle.
A La Fère, ce 17 joUlet 1636.