‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 97 sur 231 · LETTRE XXIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXIII

Etant arrivé à Escoûan comme vous en veniez de partir, j'ai appris le changement des affaires, vu qu'au lieu d'aller mettre les troupes en garnison en Champagne, comme on vous l'avoit promis, le Roi vous a mandé; je ne doute point

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que vous n'en ayez été bien surpris. L'homme qui est ici tout à fait à vous dit que vous avez bien pris votre temps de venir en heu où la cour étoit si petite , et où vous étiez en si bonne compagnie qu'on ne pouvoit vous faire d'insulte. Vous allez à Paris où vous trouverez Monsieur, qui arriva hier au soir, par ordre comme vous : vous pourrez juger à quel dessein l'on vous mande tous deux, et prendre vos résolutions; pour moi, j'irai coucher aujourd'hui à Saint-Germain , où je ferai ce que vous m'avez commandé , et j'essaierai de m'instruire autant qu'il me sera possible dés sentiments du peu de monde qui est auprès du Roi. Le régiment des gardes revient, et je me persuade que la cour y sera grosse demain. Je ne manquerai pas dfètré à Paris devant midi, et de vous aller rendre compte de tout ce que j'aurai pu apprendre. Vous avez tant de créatures dans la maison du Roi et dans ses troupes, que vous n'y êtes pas moins aimé que chez vous; ils souhaiteroieht qu'il vous connût aussi bien qu'eux : il verroit l'affection que vous avez pour son service, et ne se laisseroit pas aller aux persuasions de vos ennemis, qui y sont autant haïs que vous y êtes aimé.

D'EscoûaiifCe 14 novembre 1636.

d'Alex, de Çampion. ^17

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