LETTRE LXII
de Valliquerville allant à Londres, je ne saurois mieux prendre mon temps pojir vous rendre de très-humbles grâces de l'nonneur que vous m'avez fait de me témoigner par votre lettre que mon malheur vous touchoit. Je vous avoue, Monseigneur, que rien au monde n'est plus obligeant, dans le déplaisir que vous avez de la perte d'un bon ami comme étoit feu
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4 MADAME LA DUCHESSE DE CHEVRE
LETTRE LXIIL
Pour vous rendre cooipte de mes a depuis que je vous quittai à Lille, je (firai que je remenai M. de Saint-Ybah ji Anvers, et (pie je lui ai donné le passepoi Dom Antonio Sarmiento m'avoit mis ent mains pour aller à la Haye, d'où je re] dbtemin de Sedan, sur lequel j'ai couru ï d^tere assommé cent fois, tant par les pa que par les soldats, qui nous naissent t présent» à cause de l'accommodement de Bouillon' ; mab enfin j'y suis arrivé. J'ai t que j^étois compris dans le traité, et qi j'^vois la liberté de retourner en France, savez « Madame, que, sur toutes les offires géantes que m'ont Eûtes MM. les ministre
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d'Alex, de Campion. 375
leur ai répondu que, si l'on m'exceptoit du traité de M. de Bouillon, je les accepterois avec joie; mais que, si j'étois en liberté de m'en retourner, je ne pouvois avec honneur servir l'Espagne contre mon pays. Je sais combien est de peu d'importance le service d'un misérable particulier comme moi; mais je sais aussi que tout le bien de la terre ne m'obligeroit pas à faire une action qui me pût être reprochée; et de plus. Madame , je me rendrois indigne de l'estime que vous m'avez fait l'honneur de témoigner avoir pour moi. Je connois assez ce que je perds étant privé de l'honneur d'être auprès ae vous; mais j'espère qu'avec le temps la fortune vous fera justice, et qu'elle vous remettra au lieu où vous devez être, et où je pourrai me consoler de mes maux passés. En attendant, je me retirerai chez moi, pour regretter à loisir toutes mes pertes. Au reste. Madame, n'ayez point de peur des lettres qui parloient de la personne du monde pour qui vous avez le plus de dévouement >; M. de Bouillon et moi avons brûlé toutes celles qui étoient dans la cassette, en présence de MM. du Bec, de Chambor et de Beauregard, et j'ai rendu un tel service à tous les amis de feu M. le Comte cju'ils peuvent à présent dormir en sûreté, puisque je suis le seul qui puisse leur nuire. Je crois, Madame, que
I . M. Cousin veut que cette personne soit la reine (Voy. Madame de Chevreusé). Nous pensons, nous, que c'est Châteauneuf. On peut voir à ce sujet la lettre soixante-quatorzième, dont un passage montre assez quelle place l'intérêt de l'ancien garde des sceaux tenoit dans les ressentiments de la duchesse.
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d'Alex, de Campion. 375
•ï^ dans deux jours pour France, et vous allez ^ Flandres ; mais vous me les rendrez quand ^us pourrez. Cependant croyez que je suis à
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De Sedan, ce 22 août 1641.