‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 35 sur 150 · La province d'Ivrée · texte numérisé non relu

La province d'Ivrée

). Julo, depiûs cardinal Mazarin.

140 MÉMOIRES DE CaMPION.

l'acte que je viens de rapporter ne pouvoit par- j tir que de pure cruauté. Le prince Thomas étoit \ toujours dans la prairie à la vue de nos redoutes, mais sans oser tenter une nouvelle attaque avant l'arrivée des Espagnols, parce qu'il croyoitque notre armée entière étoit là, quoique, jusqu'après la reprise de la dernière redoute, il n'y eût d'infanterie que notre ré^ment; mais incontinent après, les Gardes arrivèrent, et ensuite toute l'armée. Le jour augmentant, le prince Thomas crut devoir se retirer, de peur de notre canon, et parce qu'il ne voyoit point paroitre le marquis de Léganès, dont nous découvrîmes un quart-d'heure après l'avant-garde qui commençoit à descendre les collines; mais quand les Espagnols nous virent en bataille près de notre pont et les Piémontois retirés, ils nrent la même chose; ce qui leur fut facile, à cause des bois et des hauteurs.

Le lendemain , le prince Thomas, n'ayant plus de fourrages et que tort peu de vivres, parla de capituler; ce qu'il fit au bout de quelques jours, et il obtint une composition telle qu'il voulut. Je le vis sortir de la place à la tête de quinze cents chevaux et de quatre mille hommes de pié. Le comte de Harcourt et lui s'embrassèrent tout à cheval. Nous le saluâmes de la pique, comme s'il eût été notre général. Il se retira à Ivrée, qui étoit encore à lui, aussi bien que Villeneuve d'Asti et plusieurs autres places. Turin se rendit le 24 septembre, après six mois de siège ou plutôt de blocus ' . Le régiment des Gardes et le nôtre

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