LETTRE IV
La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire m'a fait hâter mon retour de la campagne, pour venir apprendre sur les lieux l'état de la Cour de l'hôtel de Soissons , depuis l'éioignement de M. de Senneterre, où je trouve tout assez pacifique, la guerre civile dont cet éloignement nous menaçoit étant presque aussitôt éteinte qu'allumée ; j'auitrîS pourtant souhaité deux choses : l'une, que Monsieur le Cardinal n'en eût pas pris cbnnoissance; et l'autre, que M. le Comte n'eût point été le chercher dans sa maison ; la première, à cause que l'entremise d'un homme qui gouverne l'État paroltra dans le public un ordre donné par lequel il aura été nécessité de faire ce qu'il a volontairement accordé; et l'autre, d'autant qu'on l'accusera de ^ violence et d'injustice, comme l'on fit lorsqu'il fit maltraiter **', vu que ces sortes d'actions
I . Le baron de Coupet. C'étoit le fils d'un secrétaire du connétable de Lesdiçnières. Le' comte de Soissons lui ordonner des coups de bâton par Beauregard,.son capitaine des gardes, à cause de quelques paroles inconvenantes quil avoit adressées à madame de Chalais dans le jardin des- Tuileries. Cette aventure fit beaucoup de bruit. On blâma
"" Prince S"i1^^ que /î" 'r*/^«'om. il P»'». et don,"? '«s affaire! rf "'^'««e fcti*!'
''esA-er 'eÏÏf /^ vous a^L °"f "î« «^e «31'
Pf^sonn^f^J^n* très graSe ,/*;9"^'- »«t»l?
ûé, qualités ^u^^nt de /f ""^'«afon p«i 1 ■«
^"' pour „r^«^ '^ ^Sirer'T' «ï"'^ «« ?
De Par. " " <-« quf çj( ,.^ / dj
fi
do Ce Ce
^ais cinq mois que je ne le quitte point, est ^ m'adresse souvent la parole ; que je suis - jours dans ses parties, soit à la paume ou
jrcs jeux, et qu'il témoigne être assez content
mon assiduité. Mais il ne me parle de rien de ^leux , et je vois qu'il y a bien du chemin à %c pour avoir sa confiance selon votre pré- ^tion, outre que tout le monde n'est pas pré- ^^DU comme vous de la bonne opinion que vous ■^ez de moi : il garde peut-être les premières ^pressions qu'on lui peut avoir données , que
suis un homme de plaisir qui pourroit contri- Her à celui d'un grand prince , mais que je suis Icapable d'aucune affaire d'importance ; et vous ivez que tous les princes, pour ne se pas onner la peine d'examiner les talens de ceux ^ui les approchent , s'en rapportent toujours à c que d'abord on leur en ait , d'où vient qu'ils ont souvent trompés au jugement qu'ils en tont ; e n'est pas que je présume que le soin qu'il irendroit de me connoître me fût avantageux, nais toujours il verroit à quoi je suis propre, t je serois instruit de ce que j'en dois attendre, e suivrai néanmoins ponctuellement vos advis , t je n'aurai pas de peine à continuer de lui aire ma cour, puisque cela me fait connoître à out le monde, et que je suis vos conseils et vos ►rdres.
De Paris, ce 13 juin 1634.