LETTRE XXXI
Je n'ai pmnt trouva de moj'en de vous mander nu détention à Orléans ùz jours durant, et elle eût bien continué davantage sans que Monsieur a signé le traité ', et qu'il a désiré qu'on me donnât b liberté de m'en retourner; même M. le comte de Brion m'est venu prendre en passant et m'a amené ici dans son carrosse. Monsieur l'envoie vers vous, et M. du Gué aussi. La plus crande partie de ceux qui le savent croient que Te premier vient par forme , et que l'autre a le secret, comme ami de M. de Montrésor; mais je suis persuadé du contraire, et je crois que, s'il y a quelque chose à négocier avec voua & l'avenir, Monsieur a été bien aiie de choisir M. le comte de Brion, que personne
le fut pat laiu de péiùUci
d'Alex, de Campion. 329
ne soupjçonne et à qui il se fie , et je crois que le premier article secret de son accommodement est d'éloigner M. de Montrésor et tous ses amjs de son commerce particulier. Nous nous en allons, M. le comte de Fiesque et moi, par des chemins détournés, pour deux raisons : l'une, que nous vous portons l'argent que Monsieur vous a fait rendre , et l'autre, que nous sommes avertis qu'il y a ordre de nous arrêter tous deux sur de nouveaux prétextes , et il nous fâcheroit fort d'être enfermés dans un temps où vos fidèles serviteurs ne vous seront peut-être pas tout-à-fait inutiles.
A Paris, ce 2 mars 1637.
AU MÊME