‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 85 sur 150 · LETTRE XXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIII

orsque vous m'avez écrit, il falloit que le valet L-<de pied ne fût pas encore arrivé, puisque ous vous plaignez de n'avoir point de nouvelles, uoique je vous en aie manaé trois fois la selaîne, comme vous me l'avez commandé. Je n'ai ien à vous dire depuis ma dernière , sinon que je e juge rien de bon des intentions de M. le Carinal, qui, par son procédé, témoigne bien que e n'est par amitié pour vous qu'il entretient la égodation, mais pour découvrir si vous êtes n état de lui nuire : en ce cas , il ne rompra pas ; lais , s'il vous voyoit sans crédit au-dedans du oyaume, l'apparence est qu'il ne manqueroit

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pas à vcm pousser. Je pense quH faut agpr de la même maoûère avec hn , et essayer d'avoir h permisnon de deme u rer toujours à Sedan y en conservant h fonction de votre charge et le revenu de vos biens et de vos gouvernements, comme vous en demeur&tes lorsque je vous quittai. Par ce moyen , étant en sSireté , vous pourrez prendre votre temps de lui nuire s'il lui arrive oudque désordre , comme il ne manquera pas d'en user de même envers vous s'il se voit en état d'y pouvoir réussir. Je trouve encore une autre raison du désir qu'il témoigne avoir de traiter avec vous , qui est la sollicitation continuelle que lui en fait Monsieur ; et, comme il veut à présent être bien avec lui, et que par s<m traité il s'est réservé la liberté de solliciter votre accommodement, M. le Cardinal lui témoigne vouloir y entendre pour l'amour de lui , pendant que le Père Joseph me dit tous les jours qu'il ne se peut faire tant qu'il s'en mêlera. Je vois Monsieur à l'h6tel de Venise deux fois la semaine , et il y vient coucher exprès afin de me parler de vos affaires. M. le comte de Brion a un valet de chambre nommé Bernard, dans la chambre duquel je m'enferme depuis dix heures jusqu'à minuit, que Monsieur donne le bon soir; M. le comte de Brion me vient prendre et me laisse dans sa chambre, seul, où je suis bien souvent jusqu'au jour ; il témoigne assurément beaucoup d'amitié pour vous, et il n'y a rien qu'il ne fit , hors de s'embarquer en affaire de rechef. Je lui dlsois cette nuit qu'assurément M. le Cardinal le trompoit lorsqu'il l'assuroit qu'il souhaiteroit que ce fût lui qui fût le négociateur de votre

d'Alex, de Campion. 33^

accommodement, et que du même temps l'on me disoit qu'il ne se feroit jamais par cette voie. Je vis bien qu'il ne me croyoit pas ; mais il en est si persuadé aujourd'hui , qu'il est tout-à-fait mécontent , et moi fort mal avec les ministres. Je ne sais si l'affaire ira plus loin , mais je pense les avoir mises en bon état. Le Père Joseph m'ayant donné heure après midi pour voir M. le Cardinal , Monsieur s'y est trouvé pour parler de vos intérêts. Comme ils s'en entretenoient tous deux, le Père Joseph m'y a amené. M. le Cardinal m'a dit d'abord : «Vous ferez savoir à M. le Comte qu'il a de grandes obligations à Monsieur, qui sollicite ses affaires avec chaleur ; et , à dire la vérité, M. le Comte prend les choses avec tant de hauteur, que sans Monsieur on auroit déjà rompu la négociation. » Sur quoi je lui repartis à l'heure même cjue le Père Joseph , qui étoit présent, m'assuroit du contraire, et cju'il me disoit tous les jours qu'il n'y avoit rien à faire tant que Monsieur s'en mêleroit; de quoi ils ont été si interdits tous trois, au'on a été assez longtemps sans parler. Enfin , le Père m'a répondu qu'il ne me l'avoit pas dit de la sorte ; sur quoi j'ai fait une révérence et me suis retiré , disant que je pensois l'avoir ouï ainsi. Monsieur est sorti un moment après, tout-à-fait ému, et j'ai bien vu qu'il ne doutoit plus de leur mauvaise intention. Je le verrai cette nuit, et j'essaierai d'achever de lui faire voir clair dans leurs intentions; je ne manquerai pas demain au matin à vous mander le succès de la conférence. Je ne doute point que vous n'ayez autant de joie du désordre que j'ai mis entre eux que j'en reçus lorsque je vis Poe-

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: de les terminer, et vous save qu'il ett idle d'obliger celui qui est inaitrc ne tout A "" l'honneur d'une affaire de cette impor- I un homme qu'il ne croit pas avoir fflitié pour lui; i auoi j'ajoute mon peu de acité pour les emplois de celle imporiance, îht je ne me suis jamais mt\é. Qu nt au scmd point, ()ui vous fâche le plus, ^'cst celui li me satislaii, connoissam l'humeur de M. le Comte si fort ponée à la mciîance, i :puis que M- de Senneterre i de lui,

que jamais aucun d.. > m: .icra longtemps dans sa conliari^c, s'il eu a ovec les ministres. Au reste, qi nd vous pense/, que M. le comte de Brion et L. l'ère Hiiiirion aient eu le secret de l'affaire , vous n'y voyez pas clair i le premier y a eu pan en apparence, (larce que l'on vouloit donner la satisfaction à Monsieur decroire que c'ctoit pour l'anour de lui, et le Père Hilarion, y ayant été e ibarqué par le Père Joseph, a été traité de la n me manière , et n'a eu la confiance qu'en apparence. M. de la Croisette est le seul qui a poussé l'alfaire à bout, e! i! a eu raison : car, bien que je prévoie qu'il ne sera pas longtemps bien avec notre prince et qu'il l'aura pour suspea i l'ave cela ne le doit pas mettre en peine, étant à de Longueville, qui est d'une humeur touti ;ontraire à celle de M. le Comte , celui-ci dés int que ceux dont il se sert n'^ent aucun commerce avec les ministres , et l'autre n'en voulan "'^ employer que ceuK qui leur sont agréa' i bien qu'il doit être

indiflerent a M. de ! eue d'être suspea au

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hâw qoî te roBonveScra en un ai je mit aisurémem dans le meOleur parti , ajata la am&mct «nière de mon mahre et son anmi jusifu'au point qu'il n'a pas trouvé mauvais que j'aie vu M. de Saint- Ybah, quoiqu'il soit tout â fait brouillé avec lui.

A Stdin, ce 17 leptembre 1ÉJ7.

a m. le comte.

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