LETTRE XXXIX
Enfin j'ai parlé selon vos intentions à M. le comte de Fiesque, pour le dire â M. de Ruvigny ', que je n'ai point vu depuis que je vous le mandai. Je ne vois pas que vous vous accordiez fort de sentimens, vous et M. de Rohan ', vu que vous voulez vous assurer de lui sans vous engager à rien, et il n'est pas résolu de se donner, à moms que vous vous promettiez. Ainsi je n'ai pas cru devoir entretenir ce commerce ; aussi bien seroit-il inutile , votre pensée étant de ne jamais rien enueprendre si l'on ne vous attaque, et ceux qui ne vous aiment pas étant trop habile* pour le faire lorsqu'ils vous croiront en état de leur résister. De plus, la différence de vos relisions , pour lesquelles vous êtes zélés tous deux, ndt que difficilement vous accommoderiez-voai tuen ensemble. Enfin j'ai donné beaucoup d'à»surance d'amitié de votre part, et ai rompu adroitement la négociation où l'on me vouloit en-
[. Henri Msssui, simi et puis marquii de Ruvigny.
d'Alex, de Campion. 3^9
ga^er avec les dames '. Je crois que mon procédé est conforme à vos intentions ; si elles étoient changées , je suis tout prêt d'obéir à ce que vous me commanderez, et les négociateurs sont mes Amis et vos serviteurs.
A Paris, ce 31 décembre 1637.
AU MÊME