Le 30 juin
] Lettres
[ mieux qu'il m'est possible à toutes ces
c .ations et lui proteste le réciproque de
V part , et je jurerois bien que nous savons
. tous deux qu'il n'est rien de tout ce quî
î disons. J'espère partir dans deux jours^
ayant fait expédier ce que vous désiriez touchant" votre gouvernement du Dauphiné. Le Roi pa-' raît mieux intentionné pour vous que par le passé, i Tous les serviteurs que vous avez auprès de lui ( s'en réjouissent, et moi aussi, quoique cela n'abou- ; tisse à rien , à mon il m'a fort questionné
sur vos divertisseme "uoi j'ai répondu qu'ils
seroienl tout à fait agre s pour vous s'il étoii possible que vous en çi.^^,^z nors d'auprès de sa personne et ne lui rendant aucun service, lia j regardé autour de lui, et, n'y voyant personne à I M. le Cardinal, il m'a ré indu qu'il ne doutoit l
§as de voire bonne volor é , et m'a commandé ' e vous bien assurer de ja sienne. Ce sont les seules bonnes paroles que j'ai eues de lui, depuis que je viens à la Cour de votre part.
D'Abbtville, ce i juillci iéjj.
LETTRE XLl.
Étant demeuré à Mouzon pour des raisons que vous savez , je vous envoie ce billet pour vous dire que M. de Nemours' et H. de Saint- Mas ' ont eu brouillerie , où le dernier a traité
d'Alex, de Campion. 341
fort fièrement , nonobstant la qualité de prince. J'ai été témoin de tout ce procédé, que M. de Beauregard, à qui je l'ai conté, vous dira mot pour mot. La manière d'agir de ce jeune homme me fait croire qu'il est ambitieux, et que, si M. le Cardinal , qui l'établit pour en éloigner d'autres, le laissoit aller Uen naut, il ne seroit pas si humble que ceux qui l'ont précédé. A tous hasards, je joue et je mange souvent avec lui, me persuadant que, si cette ramiliariténe sert de rien, du moins elle ne pourra nuire. Je vous dirai demain le reste, quand j'aurai vu l'homme qui est tout à vous.
A Mouzon, ce 3 août 16^9.
AU MÊME
LETTRE XLH.
de Riquemont ' m'est venu voir au re- • tour de Saint-Germain, et m'a dit la joie que la Reine lui a témoignée d'avoir un dauphin. Elle ne doute point de la vôtre, et ses serviteurs sont dans un ravissement incroyable. Un des vôtres venoit de sortir d'auprès de mon lit, où, ayant longtemps raisonné ensemble sur cette miraculeuse naissance, qui doit réjouir tous les gens de bien , nous sommes convenus tous deux que la Reine n'aura pas plus de crédit auprès du
1 . Faut-il lire d'Enriqucmont , ou mieux encore d'Enrichemont ? Ce seroit alors Maximilien-François de Béthune , prince d'Enrichemont , pub duc de Sully.
)42 Lettres
Roi pour cda,ctqiie M* le Canfinal redoubioa SCS soins pour b rendre suspecte, joint à qoel-
cmcs flinrcs rsosous actit ooqs ikvmUBcs le soir cpe icTom cpnttai, et dont j'ai bien appris de détstf. Sitte 4n^ ma fièvre tierce n^ponmpermettre de monter à cbevnl y feqière TOQS en aUer rendre compte ; maby oosBme bfin de moo accès me donne audqoe liberté de vous écrire, jje prendrai oeUe de tous dire qu'encore que jesoii assez Ken instruit de Tos intentions sur le sacrement, îe ne laisse pas de témoigner à tons ceux qm nf en parient ce que je crois confiorme i lemv inclinations; et je pense que vous ne désagréerez pas, ayant lliomieur d'avmr votre secret ', que je laisse espérer à toutes les Princesses, et â ceux â qui elles appartiennent, que je m^ magine que votre incbnation iroit pour elles si vous étiez libre : cela les conserve dans vos intérêts et leur fait haïr le ministre, qu'ils croient butter ailleurs à leur désavantage. Enfin vous me permettrez de vous dire qu'il faut que vous fassiez de vous comme le duc de Bourgogne faisoit de sa fille , c'est-à-dire vous faire espérer à toutes, et attendre le temps que vous pourrez
I . Le secret de la liaison du prince avec madame de Guimené. Tallcmant des Réaux raconte qu'en montrant le chevalier de Rohan, le prince de Cuimené disoit : « Pour celui-là, on ne dira pas qu'il n'est pas prince. »« C'est, ajoute-t-il, qu'on trouva un billet de madame de Guimené à M. le Comte, où il y avoit : « Je vous mènerai votre fils. » ( Hbtoriette de M. et Madame de Guimeni.) La lettre soixantedixième d'Alexandre de Campion est adressée à de Thou, à 3ui il envoie deux bottes du comte de Boissons, contenant es lettres et un portrait de madame de Guimené.
d'Alex, de Campion. 545
parvenir à celle que vous aimez , auprès de qui vous serez fidèlement servi, sur ma parole.
A Paris, ce 8 septembre 1638 *.
AU MÊME