‹ Mémoires de Jean Monnet, directeur du Théâtre de la Foire (volume 3)Chapitre 28 sur 96 · NOUVEAU PROJET I · texte numérisé non relu

NOUVEAU PROJET I

sceau du secret, et sur ma quittance. Cette espèce de restitution, qu'on ne peut attribuer qu'à une âme juste et honnête, me fait espérer qu'on n'en restera pas là. Je désire bien que ce soit plus tôt que plus tard, tant pour ma satisfaction particulière, que pour l'acquit de la conscience du débiteur, qui peut mourir avant l'entier paiement.

Pour revenir à l'Opéra de Paris, M. Berger mourut enfin. Cette direction, qui a toujours été enviée, mit en mouvement beaucoup de monde, et trois Compagnies se présentèrent. La mienne, composée seulement de quatre Financiers sages et solvables, qui s'étaient proposé de traiter cet objet comme une affaire de finance, fut aussi présentée, et se retira aussitôt, parce qu'elle ne crut pas devoir accepter des conditions trop onéreuses (i).

( I ) « Un protégé4de la princesse de Conti, nommé Tréfontaine, succéda à Berger, mais il ne put tenir ses engagements, bien qu'il se fût associé à Saint-Germain et plusieurs autres. Après seize mois d'administration, le privilège lui fut retiré. Pour se débarrasser des soins à donner, des déficits à combler, le roi, paresseux et prudent, conseillé, poussé par la Pompadour, décida que la ville de Paris serait chargée, à perpétuité, de gouverner la royale Académie et de pourvoir à sa dépense. Cette décision fut célébrée par des chansons ; je ne citerai que ces deux couplets :

Monsieur le prévôt des marchands, Ma foi, ne se rit pas des gens.

Il sait embellir les coulisses Et les habits de l'Opéra, Qu'il fasse guérir les actrices Et tout Paris le bénira.

Rien n'est mieux fait assurément

Que ce nouvel arrangement.

C'était une chose incivile,

Que l'Opéra, si plein d'appas,

Appartînt à toute la ville

Et que la ville ne l'eût pas. »

Castil Blaze. L'académie impériale de musique. Pans, 1055, t. I, p. 16*.

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