‹ Mémoires de l'abbé de Choisy pour servir à l'histoire de Louis XIVChapitre 51 sur 125 · I02 MEMOIRES DE L ABBE DE CHOISY · texte numérisé non relu

I02 MEMOIRES DE L ABBE DE CHOISY

n'étoit meilleur que ladite lettre de change, ce prince fit réflexion qu*au bout du compte cent mille écus étoient toujours aussi bons à prendre que le portrait, qu'il avoit mis à part; que la lettre de la reine de France étoit une chose effective, qui ne lui laissoit quasi pas douter que Brisacier ne pût être son fils; et il remit au carme une lettre pour le roi, qui contenoit partie de ce que portoit celle de Brisacier, et le supplioit d'avoir égard qu'ayant un fils en France qu'il vouloit reconnoître, il conjuroit Sa Majesté de vouloir l'honorer de ses grâces, et de vouloir bien, à sa prière, le faire duc. Moyennant cette lettre. Sa Majesté polonoise eut l'industrie de tirer la lettre de change. Ce prince aimoit l'argent, et ne perdit point de temps à envoyer à Dantzig prendre les cent mille écus qu'elle portoit.

La surprise du roi ne fut pas médiocre quand il reçut la lettre du roi de Pologne. Brisacier n'étoit ni de figure, ni n'avoit jamais été regardé que comme un sujet très médiocre, que l'on trouvoit même très honoré de l'emploi de secrétaire des commandemens de la reine, qu'il exerçoit. Le roi, qui savoit les prétentions deBéthune et celles que le roi de Pologne lui avoit témoignées pour son beau-père, ne laissoit pas de trouver assez singulier que de la même part on lui demandât trois grâces considérables de la même nature.

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