LIVRE BUlTIÈIIt
lit ttiinpleiuait, il vouloil que tout le uioude sât que jamais il n'eu avoit eu la pensée.
Il mourut le 4 mat 1729. Ses contradictions étemelles l'avoieDt rendu si méprisable qu'il ne Tut regretté de personne. Il étoit décrié à un point que l'on n'osa lui faire ni oraison funèbre ni service public, tel qu'on a coutume d'en faire aui archevêques de Paris, service d'apparat oii, comme à celui des rois, assistent toutes les cours tant supérieures que subalternes'. Il est étoi>uant que même les jansénistes dont il avoit été l'idole et pour qui il avoit tant fait ne l'aiait point Imié après sa mort et que, pur un silence aussi injivieux qu'ingrat, ils aient déshonoré sa mémoire, cmnme s'il n'avoit rien eu (le recommandable. Je lui r«idrai plus de justice, et, sans lui avoir obligation, je dirai avec plaisir ce qu'il avoit de bon.
Il a toujours mené une 'vio réglée, édi&ante ; il simoit son métier d'évéque, s'appliquoit a en Incn remplir les devoirs, faisojt l'aumdne, soulageoit de son superflu fpiantité de familles et de c<mimunautés qui seroient tombées sans son secours. Il fut toujours modeste dans ses habits, dans ses meubles, dans ses équipages, moins par inclination qui l'eût porté à piaffer (c'est le terme dont il se servoit), que parce qu'il croyoit que la somptuouté étoit on vice dans un prélat. Il étoit toujours aé* rieux et retenu dans ses paroles ; jamais il ne lui échappa ni mot libre ni mot équivoque ; sobre par lempà-ament, chaste par vertu, quoique jamais il n'ait paru avoir d'attache pour les femmes, on s'aperoevoit néan*
< < Pir Mul IMlmeot, le cirdinil de Hakilles ■ ordcHiDé un enlerrentcnt «mpla el la toffttUioa d'une onbo^ Tunébre, i iJournal de l'ii' TOMt Barbier, mi lltt.)
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416 NËHUinES DE L'AttBÉ LE GBNDRB.
moina que ses jeux étincdoient quand, dans sod au> dience, il s'en présentoil de jolies, et qu'il alioit à elles avec une précipitation qui sembloit marquer son poichant autant que sa politesse.
Il se laissa embéguiner sur ses vieux jours par une religieuse, fille du comte de Melfort, seigneur écossois qui s'étoit sauvé d'Angleterre avec le roi Jacques li. Cette sirène, belle et bien faite et qui avoit beaucoup d'esprit, enchanta si fort le vieillard, qu'elle disposoit de tout chez lui. Il lui meubla une maison, lui entretint un carrosse, et lui assura une pension de quatre mille cinq cents livres pour l'aider à subsister quand il n'y serait plus. Par un bref dont il fît les frais, la vestale avoit tout pouvoir de demeurer oîi elle voudrait, en gardant l'babit de son ordre : amphibie de mauvais exonple. Combien y a-t-il de religieuses qui seroient ravies de goAler les douceurs de cette vie métisse ! Le grand âge du cardinal et son peu de précaution à ne se point cacher de tout ce qu'il faisoit pour la religieuse enchanteresse prouvent suflisamm^it que ce n'étoit que par charité qu'il en usoit ainsi. Fille de qualité, mise malgré elle dans un couvent où elle se désespérait, elle lit pitié au prélat; de la compassion naquit l'estime et l'amitié d'où le reste s'en est suivi.
Ce fut un malheur pour lui que la fortune l'eût élevé à l'archevêché de Paris. Il n'étoit point né pour une si grande place; il faut pour la remplir an génie supérieur, des talents, de la capacité, et c'est ce qu'il n'avoit point. C'étoit un petit esprit, léger et inégal, esprit tracasMo-, pointillant et barguignant en tout, aimant à ruser, disant oui et non, ne jugeant du bien et du mal que selon ses préventions, sottement orgueilleux, puérilement vindi-
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