Titre de livre au saint François d'Assise
- Saint François, debout entre deux colonnes drapées,
(”) Cette pièce a été copiée ; nous avons vu des épreuves modernes de l'original et de la copie.
lève les yeux au ciel en portant devant lui l’écusson couronné des armes de Florence. Le fond offre le profil de celte ville. On lit, au haut, dans un cartouche que surmonte un chérubin : FRANCISCVS FILIVS REGIS ALTISSIMI, etc. Dans un autre cartouche, au bas, est écrit : QYINQYE PRO SEX TVTA PROTECTIO ; au-dessous : Superiorum per missu 16921 ; el, aux côlés : Florentiæ apud | Petrum Cecconcellum -- Morceau sans le nom du maitre.
Hauteur : 182 millim., dont 5 de marge blanche. Largeur : 118 millim.
On connaît deux états de cette planche.
L C'est celui qui vient d’être décrit. — Très-rare. |
IT. L'inscription du cartouche du haut a été enlevée et remplacée. par celle-ci : SVBTILISSIMAR | CONTRADICTIONES IN proc pm À 8" SENT. SCOTI | AVCTORE R. P. F. IACOBO PERIO PISTORIENSI TaroL. PReDe | Gnäli Ords Min. Regul: Obs? ac Sermi M. D. Etre Confess | Opus perutile o1bj doctrinam Scoli profitentibus | aliorg; doctoru per modum Dialogù | digestum, ac triplici indice orn®. — Très-rare aussi.
2053. Le litre aux astrologues (*).
Cette pièce allégorique parait avoir élé gravée pour un frontispice de livre religieux qui n'a pas été publié.
(") On connaît des copies de cetie pièce. — Je dois à mon collègue M. Schutz, qui prépare un grand travail sur les sciences cabalis= tiques, la meilleure partie des documents dont je me suis servi pour la description de cette pièce.
Elle présente un sens très-profond et donne une haute idée de l'esprit élevé de son auteur.
Dans un site qui rappelle l'Eden et le premier jour du monde, cinq philosophes, réunis aulour d'une sphére armillaire posée à côté d'une boussole, sur un cube, cherchent, par différents moyens, à pénétrer les arcanes de Dieu.
A droite, et le plus prés de la sphère, un sage (Zoroastre, Anaxagore ou tout autre représentant de l'Ecole magique), tient de la main droite un sablier couronné d'une triple flamme, et cherche à expliquer à mystère de la création par le feu éternel.
De l’autre côté, Hermès tient de la main gauche les livres sacrés sur lesquels repose une couronne d’où s'échappe un basilic ; de la main droite il désigne sur la sphère la moyenne région du ciel, séjour des démons éthérés, le réceptacle des influences mystérieuses des astres. Îl représente les sciences physiques, l’alchimie et l'astrologie.
A côté du premier philosophe, à droite de la sphère, on voit Archimède lenant de la main droite un compas, signe de l'école mathématique ; de la gauche, il montre une boussole et un rouleau de papier en têle duquel se trouve le carré de l'hypotènuse, au-dessus de l'inscription Dis Hecatombe (en souvenir de l'eurika) ; il veut expli-. quer la création par les lois de la géométrie.
Vis vis luise trouve Pythagore, représentant l’école greco-ilalique, qui prétend tout expliquer par les nom-
bres ; il appuie sa main droite sur une pierre où l’on voit le microcosme dans le macrocosme {le triangle équilatéral de la Trinité dans le cercle de l'éternité) (*), avec les chiffres symboliques 1 et 3 et celle devise TANTH TPIE (Tout est triade, comme dirait un philosophe de nos jours); il passe la main gauche sous la sphère, comme pour signifier que sa formule a le pouvoir de soulever le monde.
Enfin un homme vêtu à l’orientale, représente l'école cabalistique ; il est courbé à droite entre l'oiseau de la mort qui crie el bat des ailes sur un arbre desséché, et une pierre tumulairesur laquelle l’audacieux nécromant, traçant avec un os humain des signes cabalistiques, semble demander à la mort et aux enfers le secret de la vie. Ces signes sont les trois cercles entrelacës qui représentent la Trinité (**). Il écrit dans chacun d'eux les trois termes de la formule puissante AB CA BRA OU AB RA KA, qui rappellent à la fois l'égalité du père et du fils et le mystère de la création.
Sur la pierre qui supporte la sphère autour de laquelle sont groupés les philosophes, on lit : MYNDYM TRADIDIT DISPVTATIONI EORVM ECCL. III.
: Si l'on se reporte aux passages de l'Ecclésiastique auxquels celte inscription renvoie, on y trouve quatre
(”) M. Didron, Iconographie chrétienne, p. 550. (**) M. Didron, Iconographie chrétienne, p. 545.
versels qui justifient admirablement le sens allégorique de cette pièce, dont le but est de montrer la vanité des sciences humaines.
Voici ces versets :
22. Altioratene guæsieris, et fortiora te ne scrutatus [ueris : sed quæ præcepit tibi Deus, illa cogita semper
et in pluribus operibus ejus ne fueris curiosus.