‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 2)Chapitre 67 sur 85 · PAR M. LE D' SIMONIN PÈRE · texte numérisé non relu

PAR M. LE D' SIMONIN PÈRE

OBSERYATIONS MÉTÉOROLOGIQUES.

Le vent dominant a été le sud-ouest, qui a soufflé 82 fois : D'après leur fréquence décroissante, les autres vents sont venus des divers points de l'horizon, savoir : le nord-est 80 fois; l'ouest 63; le sud 54; le nord 48; le nord-ouest 20; l’est 11 ; le sud-est, le sud-sud-ouest chacun 4; l’ouest-sud-ouest et l’ouest-nord-ouest chacun 3 ; le sud-sud-est 2; le nord-nord-est, l’est-nord-est, l'est-sud-est et le nord-nord-ouest chacun 1.

Le ciel a été pur 50 fois, presque pur 19, nuageux 238, et couvert 58. Les autres qualités des jours ont été 89 de brouillard ; # de bruine; 160 de pluie; 42 de grêle; 32 de neige ; 22 de gelée blanche ; 82 de gelée ; 1 de verglas; 17 de tonnerre et 15 d'éclairs.

La plus grande élévation du mercure dans le baro—

(4) Nancy, longitude 5° 50! 16’! à l'est du méridien de Paris, latitude 48° 43’ 28" :

Altitude moyenne 201 mètres 46 centimètres au-dessus du niveau de l'Océan au Havre.

MÉTÉORES. OZONOMÈTRE.

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Février... »| 10! 11145 ,| 5 95| sl »

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mètre a été, le 27 janvier, de. . . . . . . 7 STE jun Le plus grand abaissement, le $ janvier,

OR 742 on Hauteur moyenne . . . . . . . : . . . 738 93

La quantité moyenne annuelle d'ozone contenu dans l'air atmosphérique a été de 5° 30 pour la nuit, et de 5° 86 pour le jour. (Echelle de M. Schônbein.)

Le maximum de la température a été, les 23, 24 et 25

jullet dés ss ess ss urere + 25° 1/2 Le minimum, le 15 février, de. . . . . — # Température moyenne du 1* trimestre. <+ 2° 21 Du second. .............. + 10° 47 Du troisième. ............. + 15° 40 Enfin du# ........... ... + 479 Température moyenne de l’année. . . . + 7° 72

| ((Réaumur. )

L'hygromètre, à l’intérieur, a varié de 43 à 53° ; mais à l'extérieur sa variation a été de 35° à 60. C’est pendant les mois d’avril et de septembre que la plus grande sécheresse a été observée, et c'est pendant les mois de janvier, juin et décembre, que la plus grande humidité a eu lieu. |

Le vent a soufflé avec violence les 7 et 8 février, 13, 23, 24 avril et 4 septembre. Il y a eu des tempêtes les 2 et7 janvier, 17 février, 25 avril, 3 juin, 24, 25 et 26 octobre, 22 et 29 novembre, 1°’, 16, 18, et 22 décembre. Le 15 juillet à 5 heures et demie du soir, un coup de vent violent a couché le blé dans un assez grand nombre

+ SDE — de lieux, et la tourmente du mois d'octobre a dépouillé les arbres d’une partie dé leurs feuilles.

Les brouillards du 11 janvier et du 9 août ont été remorquables par leur épaisseur et leur mauvaise odeur; ceux des 16, 17 et 18 du mème mois par leur densité et par leur prolongation. Le 19 mai, on a vu un brouillard d'une nature peu commune dans le départément de la Meurthe, et qui, par cela même, mérite une courte description. .. |

Ce jour, les habitants de notre villé se frottaient Îles yeux ou essuyaient les verresde leurs lunettes pour s'assurer si cé qu’ils voyaient était une réalité ou uneillusion d'optique. En effet, les objets, même rapprochés n'étaient aperçus que d'une manière confuse et comme à travers de la fumée, et cependant la vapeur qui les masquait ne produisait pas sur les individus la sensation que fait éprouver le brouillard ; elle n’humectait ni les plantes, ni la poussière des routes, elle ne faisait pas varier l'hygromètre à cheveu de de Saussure, qui, ce jour, marquait 4%. On était donc plongé dans un brouillard sec. Visible dès 10 heures du matin, le brouillard dont il est question avait acquis à midi, sa plus grande densité, et son épaisseur diminua à mesüre que le soleil déseendit vers l'horizon. Cet astre projetait une lumière assez päle, et son rayonnement était faible ; le ciel était nuageux, un vent froid du nord soufflait avec asbez de force ; le baromètre marquait au maximum 740 millimètres-et le termomêtre + 16° Réaumur. L'atmosphère contenait de l'ozone en

— DO — abondance. Le brouillard dont il est beau répandait une odeur très-désagréable,

Il est tombé pendant l’année 0"820 d'eau. La journée du 29 novembre est une de celles qui én ont fourni davantage. Le 95 mai, une trombe a dévasté LH commune de Pulligny. | | se

M. Marchal, docteur en médecine, à Lori, m'’ayant communiqué sesobservations météorologiques pour 1854, j'yaitrouvé la relation d’un fait trop curieux pour ne pas Jui donner placeici. Le 4 août, une pluie d'orage tomba sur Fraquelfing, village de l'arrondissement de Sarrebourg, à 75 kilomètres de Nancy; des témoins dignes de confiance, au nombre desquels se trouvait l’instituteur, crurént voir de la néige à moitié fondue, mêlée à cette pluie dont elle se distinguait par sa blancheur et par sa manière de torüber. La surprise de ces personnes fut grande lorsque, par un examen plus attentif, elles eurent constaté que cette prétendue neige était du sel. En effet, la matière de ce météore se desséchait au lieu de se fondre, elle était cristallisée, elle croquait sous les dents, enfin elle avait uné saveur salée très-vive. Elles en amassèrent une certaine quanüté, dont une partie fut destinée à M. le docteur MarcHaL, qui regretta de ne l'avoir pas reçue et de n'avoir pu la soumettre à l'analyse chimique. Mon confrère trouvant avec raison de l’analogie entre cette chute de sel etles pluies de sable, de pierre, de sauterelles, de crapauds, etc., décrites par quelques auteurs, pense pouvoir en trouver la cause dans une trombe qui aurait enlevé de

l'eau de l'Océan, eau qui se serait vaporisée dans lapartie élevée de l'atmosphère, alors le sel marin, cristallisé et transporté dans nos régions serait tombé sur Fraquelfing, mêlé avec la pluie fournie par la nuée orageuse.

Pendant les trois premiers jours de janvier, la neige n'a pas cessé de tomber; elle a augmenté l'épaisseur très-considérable de celle qui couvrait déjà la terre. Cette masse n'était pas encore complétement fondue le 31 du dit mois, quoique depuis plusieurs jours la température fût élevée et qu'il plût. Le 8 février, il a neigé de nouveau, surtout pendant la journée du 15 où la Meurthe a été gelée. Le 98, la terre était presque entièrement débarrassée de cette neige.

Par suite de pluies abondantes en été, de la fonte de la neige et de la glace en hiver, les rivières ont débordé les #4, 17 et 29 juin, 26 octobre, 25 novembre, 3 et 24 décembre. Les inondations ont été peu étendues et n’ont causé aucun dégât.

La grèle qui a frappé plusieurs fois Naney et son territoire n’a pas été nuisible ; de courte durée, elle était d'un petit volume et mélée à une grande quantité de pluie.

Douze communes du département ont été maltraitées par le météore dont il vient d’être fait mention. Voici leurs noms et l'estimation de leurs pertes.

Arrondissement de Château-Salins.

Ajoncourt. . . . . . . . . . . . . 4,842 f.

Aulnois . . . ........... 2,239 Fossieux. . . . . ... . . . . .. 2,899 LUE et se oran 2,650 Mallaucourt. , . . . . . . . . . .. 1,847 Arrondissement de Nancy.

Arraye et Han . . . .. FT 3,864 Belleau. . . ............ 19,239 DNS su en ans adse 4,858 Jezainville. ............ 14,440 Lesménils . .. . ..... . . .. 30,394 Létricourt . . ........... 4,077 PUligny : 42 64 440 Mere 3,231 Total. . . .. 91,580 CEE Se ere)

Le tonnerre a grondé moins souvent que les années précédentes, et un seul météore igné a été aperçu. Le 26 janvier à 6 heures environ du matin, la dame Catherine ***, commissionnaire d'Aingeray venait à Nancy, lorsqu'une lueur rouge éclaira tout à coup le ciel; ce fut comme une barre de feu qui traversa l’air et produisit une immense gerbe d'étincelles. Effrayée au dernier point, la dame Catherine demeura quelque temps avant de pouvoir se remettre en route (1).

(4) Journal PImpartial du vendredi, 27 janvier 1854.

L'hiver de 1853 à 1854 a été rigoureux et prolongé. La gelée a commencé le 23 novembre, et à deux jours près d'interruption élle a duré jusqu’au 5 janvier, puis elle assez long jusqu'au 24 mars. L'été, à l'exception de quelques jours d’une chaleur élevée, a êté pluvieux et froid. On a eu du froid etde la sécheresse lorsqu'il fallait de la chaleur et de l'humidité, et réciproquement, ce qui explique l'absence oula pénurie de quelques productions de la terre, la difficulté de la récolte du plus grand nombre d'entre elles et leur avarie.

Faits divers. :

— 10. La Meurthe gonflée charie la glace qui la couvrait.

Mars 21. Les abricotiers en fleur depuis plusieurs — jours souffrent de la gelée. L Avrd 2. On voit des hirondelles.

— 2. Apparition d'une comète qui n'avait pas été prévue. Cet astre se montre sur l'ho- rizon, dans la région nord-ouest, de 7 heures 1/2 à 8 heures 1/2 du soir. Son noyau est gros comme une étoile de première grandeur, et sa queue lumineuse tournée vers l'est 45° nord.

Une lettre de M. Arrondeau, professeur de

Juin

mathématiques au lycée de Rennes, adressée à l’Auxiliaire breton, constate que cette comète est voisine de l'étoile Béta du bélier. Autant qu'il en a pu juger par de simples alignements, son ascension droite est de 23° et sa déclinaison de 18°

environ. Il est probable que l'astre se rapproche du soleil et qu’ainsi son éclat ira croissant d'ici à quelque temps. À Nancy, cette comète a cessé d'être visible le 10 avril.

8. Plusieurs maronniers du lycée et plusieurs arbres de nos promenades sont couverts de feuilles,

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