II. Les mots : Israel excudit ont été enlevés
III. La bordure a été enlevée et remplacée par un trait carré. Eo cct état la planche ne porte plus le nom de Callot ni l’excudit d'Israël ; elle est retouchée dans sa partie inférieure. La planche, ainsi réduite, se conserve à Nancy dans le cabinet de M, Thiéry ; elle a les dimensions suivantes :
Largeur : 254 millim. Hauteur : 53 millim.
534-549. Principaux faits du règne de Ferdinand I° de Médicis, grand duc de Toscane.
Suite improprement appelée es Batailles de Médicis. Elle se compose de seize pièces non chiffrées, dont quinze au burin et une à l’eau forte (n° 544). Ces seize planches représentent les principales actions de Ferdinand I, grand duc de Toscane, ainsi que plusieurs victoires remporlées sur les Turcs, par les chevaliers de Saint-Etienne, pendant le règne de ce prince.
Largeur : 302 à 305 millim. Hauteur : 200 à 220 millim., dont 25 à 35 de marge.
Ces gravures, qu'on a quelquefois trop vantées, nous paraissent avoir été exécutées vers 1614, alors que Callot ne travaillait pas encore uniquement d’après ses propres dessins. Les unes sont d'après les peintures de Mateo Roselli et de Bernardino Poccetti, qui se trouvent au palais ducal et dans la maison de plaisance de Saïnt-Marc à Florence, où le cardinal Charles de Médicis les a fait peindre. Tempesta passe pour avoir fourni le dessin de toutes les
autres. Cependant Mariette, qui reconnaît avec raison le dessin de Tempesta dans quelques pièces, attribue à Callot lui-même l'invention de plusieurs sujets. # Les planches qui composent cette suite, dit-il, se conservent dans le eabinet du grand duc, ce qui fait que les épreuves sont si rares (*). Cahot n'a mis son nom à aucune, et il était pourtant fort avancé, à en juger par celle gravée à l’eau forte, dans laquelle il fait voir qu'il y était bien plus propre qu'à manier le burin.». ù
Voici le détail des sujets dont Mariette avait reçu l'explication de M. Bianchi, antiquaire de S. A. R. le grand duc de Toscane, et garde de ses curiosités ;. détail que nous complétons en préei= sant, lorsqu'il y a lieu, la description des pièces de manière à les faire reconnattre. | |
(”) Ces planches ne sont. plus à Florence. Elles. sont sorties du cabinet du grand duc vers la fin da siècle dernier, époque à laquelle il en a été fait plusieurs tirages sur un papier fort et très différent du papier italien qui caraetérise les anciennes épreuves.
On ne sait par quel accident la seizième planche, celle qui représente le couronnement de Ja grande duchesse Christine de Lorraine, a été égarée peu de temps. après avoir été gravée. est certain qu’elle ne se trouvait pas dans le cabinet du grand due avec les quinze autres ; cependant les seize planches ont été réunies dans la même main, en Augleterre, à une époque que nous ne pouvons préciser. Ces seize planches ont été apportées à Paris, en 1853, et l’on a cherché à les vendre à un prix fort élevé, mais jofructueusement. Le détenteur actuel nous est inconnu ; mais nous savons qu'il a été fait en ftalie et en Angleterre plu- ‘sieurs tirages de la suite entière, et nous avons pu constater, au moins pour la seizième planche, qu'elle a été retouchée dans le haut et qu'il y a été ajouté, dans la marge, une inscription italienne que nous rapporterons n° 549, La lettre a pu être ajoutée aux quinze autres morceaux qui, dans les épreuves antérieures à celles du jour, se rencontrent sans aucune inscription marginale,
(1) Cérémonie du mariage de Ferdinand Ier, grand duc de Toscane, avec Christine de Lorraine, fille du duc Charles [1] et de Clapde de France. — Cette estampe est la reproduction d'un tableau de Matteo Rosselli (note manuscrite de l'épreuve de M. Noël) (*).
(2) La grande duchesse Christine de Lorraine accompagne à l'égliso des jeunes filles dotées par elle. — La note manuscrite suivante se lit sur l'épreuve de M. Noël : Madama Cristina di Lorena che colla gr. Duchessa Ma Maddalena si porta alla processionc delle fanciulle.
(} « I y avait, dit Mariette, dans l’œuvre de M. de Montarsis, trois épreuves de cette planche non encore achevée, dans trois états différents ; mais ce n'était que curiosité, il n’y avait rien de particulier. Cela fait seulement voir que Callot faisait, pour lors, imprimer des épreuves de ses planches, à mesure qu ‘il les avançait, pour être plus sûr de leur effet.»
La Bibliothèque impériale conserve deux épreuves, non terminces, qui sont peut-être celles dont parle Mariette. Elles présentent deux degrés d'avancement de la planche, ainsi qu’il suit :
4° Il n'y a que trois personnages : le duc, la duchesse et Île cardinal célébrant. La figure de la duchesse est la seule qui soit entièrement terminée. La tête du cardinal et celle du duc ne sont pas encore gravées. Le groupe de personnages à gauche est indiqué au trait. IT y a aussi, à droite, quelques figures légèrement tracées ; le personnage en manteau qui tient son gant de la main gauche, est seulement dessiné au fusain.
20 La planche est plus avancée ; l'artiste n'a rien changé au groupe de droite qui se voit dans la précédente épreuve ; mais le groupe de gauche est buriné, à l'exception de l'enfant ec de la femme qui se trouve derrière lui.
(3) Le grand duc Ferdinand Ier examine les plans relatifs à la restauration du dôme de Santa-Maria del fore, à Pise, et de N. D. de l'Annonciade, à Florence.
(4) 11 fait fortifier le port de Livourne.
(3) 11 fait rétablir les digues de Pise, nommées Bocchette. — Telle est l'explication que donne Mariette ; cependant nous avons vu une autre explication manuscrite au bas d’une ancienne épreuve, possédée par M. Noël, sur laquelle on lit: Ferdinando 1° che ordina à condolli dell'aqua nel piano di Pisa. On voit, en effet, le prince étendant la main vers un acqueduc en cours d'exécution, qui se dirige, à partir de la droite, vers la ville de Pise occupant le fond de l’estampe.
(6} 11 lève, contre les Turcs, des troupes qui reçoivent le prix de leur engagement (d'après Fempesta) (*).
« Callot, avant de graver cette planche, en avait déjà commencé deux autres du même sujet, sur des dessins fort peu différents. 1]
(*) Une épreuve, non terminée, de cette planche, fait partie de la collection de M. Robert-Dumesnil. On n’y aperçoit que deux figures : 1° celle de l'officier qui est vu par derrière, à droite, la maio appuyée sur une table ; et, à gauche, celle du page qui est sur le premier plan. Le chien et les groupes principaux sont légèrement indiqués.
On voit, à la Bibliothèque impériale, une autre écrous plus avancée ; le fond n’est pas terminé et la partie droite du haut est entièrement blanche. | ;
n’est pas aisé de deviner la raison pour laquelle, après avoir commencé quelques figures, il les laissa imparfaites et recommença unc troisième planche. Ce qu'il y a de certain, c’est que les planches (imparfaites) lui étant demeurées, elles lui servirent, dans la suite, à graver d’autres choses sur le revers (*). 11 y en eut même une qu'il coupa en deux morceaux. Le sieur Fagoani en a fait imprimer quelques épreuves, dans l'état où elles sont, pour la satisfaction des curieux. » (Notes de Mariette.)
(7) Le départ de ces troupes, qui franchissent une montagne sous la conduite des chevaliers de Saint-Etienne (**).
(8) La descente en Afrique des chevaliers de l'ordre de Saint- Etienne, et défaite de la cavalerie turque (d’après Tempesta) (***).
(”) Ces deux planches sont : 4° celle du Catafalque de l’'empereur Mathias; 2 celle de l’un des quatre paysages gravés par Callot. La planche des paysages est celle où l'on voit des vaisseaux à gauche, à droite un escalier conduisant à des maisons, et au milieu un pêcheur à la ligne. Elles se conservent, à Nancy, dans le cabinet de M. Thiéry.
(**) On lit dans les notes de Mariette : « M. de Montarsis en avait trois épreuves, avec différences, dont deux avant que la planche füt achevée, mais il ne s’y rencontrait ricn de singulier.»
Gn voit, à la Bibliothèque impériale, une épreuve analogue à l'une des deux dont parle Mariette. Les seules parties terminées sont : 4° le personnage à cheval, vu par le dos ; 2° celui qui est à sa droite, à pied, tenant une hallebarde; 3° le cheval qui descend: 4° trois personnages du second plan. Le surplus n’est qu'indiqué. Lis
(") ya, sur le devant, un cavalier turc dont le cheval s'élance en avant. Ou en trouve des épreuves tirées avant que la planche
(9) Le rembarquement des chevaliers après une victoire (d'après Tempesta). — On voit, à gauche, un chevalier qui dirige le transport des pièces d'artillerie vers la mer. En regard, à droite, se trouve un porte-drapeau des chevaliers de Saint-Etienne, qui tient de la main droite l'engigne de l’ordre déployée; il porte sous son bras gauche un drapeau pris sur l’ennemi.
(10) Autre expédition des chevaliers de Saint-Etienne, prenant une ville d'Afrique occupée par les infidèles. — On voit, sur le devant, un chevalier de Saint-Etienne qui s'apprête à achever un turc qu'il maintient renversé sur le dos en le serrant à la gorge. Dans le fond, des soldats chargés de butin se dirigent vers la mer, emmenant en captivité les habitants de la ville conquise {*).
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ait été entièrement terminée ; il y en avait trois de cette sorte dans l'œuvre de M. de Montarsis. » (Notes de Mariette.) — Dans un autre passage, Mariette ajoute : « Au verso d'une épreuve de la planche non terminée, j'ai vu plusieurs figures grotesques dessinées par Callot pour introduire dans le sujet de la Tentation de saint Antoine (v. n° 138); et l’on voit par là que, dans le temps qu'il gravait ladite planche des batailles, il avait l'idée pleine de pensées pour ladite tentation, lesquelles il mettait alors sur le papier. Cette épreuve singulière est dans l’œuvre de Callot qu'avait rassemblé l'abbé de Villeloin.» — L'épreuve dont parle Mariette est encore à la Bibliothèque impériale. Il n'y a de terminé que le cavalier qui galoppe en avant et le cheval mort qui se trouve au premier plan. Les essais de gravure pour la Tentation de saint Antoine dont il est parlé ci-dessus, se trouvent au revers.
("} Deux épreuves de cette planche, non terminée, se voient à Ja Bibliothèque impériale. Dans la première, il n’y a de gravé qu'un groupe à droite, où l'on voit uu soldat chargeant son arquebuse.
(41) Le combat de six galères des chevaliers de Saint-Etienne, . contre trois vaisseaux turcs. — (Cette pièce est la seule de la suite qui soit gravée à l’eau forte) (*).
(12) Autre combat naval, représentant un abordage entre quatre galères des chevaliers de Saint-Etienne et quatre vaisseaux turcs (**).
(13) Les troupes du grand duc, jointes aux chevaliers de Saint- Etienne, et commandées par Jacques Inghirami, combattent contre les Turcs en Afrique. — Les armes de Florence se voient à droite, sur un drapeau, à l'angle supérieur de l’estampe. Dans le fond, au bord de la mer, on aperçoit une espèce de citadelle dont plusieurs tours sont en feu (***).
(14) Ces mêmes troupes prennent d'assaut la ville de Bone
dont les remparts se voient à la droite de l’estampe (****).
Le surplus de l'estampe n’est qu’indiqué. — Dans la seconde épreuve, plas avancée, tout le premier plan est terminé ; les autres sont seulement indiqués. M. Robert-Dumesnil possède une épreuve exactement pareille à la seconde que nous venons de décrire.
(*) M. Jacques Augustin de Silvestre possédait une épreuve d'essai de cette planche; on n'y voit de terminé que les six galères ; la mer et les autres bâtiments ne sont indiqués qu'au trait.
(°°) On voit, à la Bibliothèque impériale, une épreuve où la mer et les vaisseaux da fond sont seulement indiqués.
(**) La Bibliothèque impériale conserve une épreuve dans laquelle il n'y a de terminé que six péronnages d ii premier plan. Le fond est à peine indiqué.
(7) Cette pièce et la précédente sont gravées d'après un ta-
(15) Autre sujet de la prise de la même ville. — On y voit.
des troupes qui donnent simultanément l'assaut à deux forteresses, dont l’une est à droite et l’autre au fond de l’estampe
(pièce gravée d’après le tableau de Mateo Rosselli).
(16) Le couronnement de la grande duchesse. — Le grand duc Ferdinand Ier place la couronne sur la tête de Christine de Lorraine, en présence de toute la cour. Le prince et la princesse sont sous un dais porté par les grands officiers de la cour (*).
Les anciennes épreuves de cette planche sont extrêmement rares. Ainsi que nous l'avons expliqué, dans la note qui accompagoe le préambule de notre description, Mariette n'en avait vu que deux épreuves ; l’une dans l’œuvre de M. de Beringhen, et l'autre dans le Cabinet du Roi. Une de ces anciennes épreaves se voit encore à la Bibliothèque impériale, et nous avons pu nous convaincre, par une comparaison attentive, que la planche retrouvée est bien celle qui a été gravée par Callot.
On connaît deux états de cette planche :
1. C'est celui qui vient d'être décrit. — La marge est entièrement blanche. :
Il. La planche a été retouchée dans le haut. On lit dans la marge, à gauche : fo Rosselli ino., à droite : Tac. Callot, fe., et au mäieu : Incoron-+ di Cristina di Lorena M+ di Ferd. I. G. D. di Toscana. Cette inscription est d'une écriture moderne.
bleau de Bernardino Poccetti qui se trouve dans la salle appelée Sala di Bona, au palais Pitti, à Florence (Baldinucei, vie de Poccetti). | |
(*) Cette planche a été copiée dans l'intention frauduleuse du faire passer les produits de cette fabrication moderne, tirés sur un papier ancien, pour des épreuves de la planche originale. Voyez notre quatrième partie.