‹ Mémoires de l'Académie de StanislasChapitre 20 sur 180 · CXLIV · texte numérisé non relu

CXLIV

. de chimie. Pendant ce temps je suivis le cours de botanique de M. Willemet qui fut mon premier maître dans cette partie. Je sortis de Nancy pour aller à Strasbourg servir le Gouvernement pendant six ans comme officier de santé à l'hôpital militaire d'instruction où je fus admis par concours avec moa frère mort au service. Mes occupations me permettant de'suivre mon penchant pour les sciences naturelles, deux hommes qui ont marqué dans le siècle dernier, MM. Hermann et Ehrmann enseignaient alors avec éclat, l’un l’histoire naturelle et l’autre la physique; j’eus le bonheur de mériter d’eux un prix d’histoire naturelle et de puiser dans leurs savantes leçons un goût qui ne fit que s’accroître. Comme c'était un besoin pour moi d'augmenter mes connaissances, c’en était un bien pressant de vivre au milieu de ceux qui les cultivaient. Le séjour de presque tous les hommes célèbres, le foyer de toutes les lumières, Paris fixa mes regards; je sentois qu'il étoit nécessaire à mon existence de voir de près et les sciences et les savants, de respirer, pour ainsi dire, le même air qu'eux; je partis done pour Paris où je consacrai trois ans et demi dans l'étude des sciences exactes et de la médecine, je suivais avec empressement les cours des plus célèbres botanistes de l’Europe ; j'obtins même au concours le seul prix qui fut adjugé dans cette partie et qui me fut donné par M. Fourcroy en l'absence du Ministre ; j’obtins aussi un accessit en chimie. Revenu à Nancy mes goûts me rapprochèrent de M. Willemet dont je suivois constament les cours; il me présenta quelque temps après à l’Académie de Nancy où j'eus l'honneur d’être reçu; un pareil succès ne fit qu’augmenter mon zèle, je savois que ce n’était pas assez d’être admis dans une société savante, qu’il falloit si distinguer, et que l’on ni parvenoit que par des travaux assidus

Je m’occupai alors de plusieurs ouvrages qui ont obtenu les ne des savants.

.» Ce considéré, Monsieur, j'ose espérer que vous voudrez bien m’accorder la place qu'occupoit feu M. Willemet, si je ne puis parvenir à la réputation de cet homme respectable, j'espère au moins que mon application, mon zèle me rendront digne de votre choix. »

J'ai l'honneur d’être avec respect,

Signé : H. BRACONNOT.»

Doc. VI (p. 54).

M. Godroë, dans la Flore de Lorraine, 1" édition, 2. Il, p. 191.

Pour la rectification voyez la Flore de France de MM. Godron et Grenier, 1. III, p. 608.

Doc. IX (p. 6).

BREVETS D'INVENTION, DE PERFECTIONNEMENT ET D'IM- PORTATION, ÉTABLIS PAR LES LOIS DES 7 JANVIER ET 95 mar 1791.

Certificat de demande d’un brevet d'invention délivré aux sieurs Simonin et Braconnot, domiciliés à Nancy (Meurthe).

La demande a été faite le 4° juillet 1818, le certificat a° été délivré le 29 du même mois.

Voici la descriptiou des procédés relatés dans ce certificat : |

« Le nouvel art que veulent créer les sieurs Braconnot et Sinouin, et pour lequel ils demandent à être brevetés par sa Majesté, consiste dans la fabrication en grand d’une matière analogue à la cire et pouvant la remplacer dans plu-

sieurs de ses-usages ; particulièrement pour l'éclairage. Cette matière trouvée par le premier de ces chimistes dans - toutes les graisses animales en est retirée par le procédé suivant :

On étend la graisse ou le suif dont on veut extraire la matière concrête avec une quantité variable d’une huile volatile, ordinairement celle de térébenthine, le mélange placé dans des boîtes circulaires, revêtues intérieurement de feutre et dont les parois latérales ainsi que le fond sont” percés d’une multitude de petits trous, et soumis à une pression graduée et très-forte qui en exprime l'huile volatile ajoutée, et avec elle la partie la plus fluide de la graisse employée. La substance solide restée dans Îles boftes en est retirée, on la fait bouillir longtemps avec de l'eau pour lui enlever l'odeur de l’huile volatile, tenue ensuite en fusion pendant quelques heures avec du charbon animal récemment préparée, elle est filtrée bouillante. Refroidie, cette substance est ‘d’un blanc éclatant ; elle est demi-transparente, sèche, cassante, sans saveur ni odeur.

Cette matière très-propre à l'éclairage ne peut cependant dans cet état être employée à cet usage à cause de sa trop grande fragilité ‘qui n’en permet ni le roulage ni le ‘transport; il est indispensable de lui faire subir quelques modifications, -on parvient à lui donner une sorte d’élasticité et de tenacité par un léger contact avec du chlore ou de l’hydrochlore; son alliage avec un cinquième de cire d'abeille donne le même résultat, alors son emploi est facile et on en moule des bougies d’un usage aussi agréable que celui de celles faites avec de la cire. A raison de ses propriétés celte substance a été nommée Céromimene ou qui imite la cire.

L'huile exprimée, ou la partie la plus fluide de la graisse

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employée contenant, outre l'huile volatile que l’on peut séparer par la distillation, une quantité assez considérable de matière concrête qu’elle entraîne et tient en solution, étant épurée et blanchie par le charbon d'os, est éminemment propre à la fabrication de savon excellent pour les aris et l’usage domestique, son odeur étant faible et point trop désagréable. Cette huile animale saponifiée d’abord par la potasse des Vosges, est transformée ensuite en savon dur à base de soude, par le sulfate de soude, de peu de valeur et très-abondant dans les eaux salées du département. Ce procédé a l'avantage d'offrir au commerce du sulfate de potasse recherché pour les fabriques d’alun. Les travaux longs et multipliés des sieurs Braconnot et Simonin, sur cet objet, leur permettant de donner à cette nouvelle branche d'industrie une grande extension, ils pourront utiliser beaucoup de matières grasses jusqu'alors rejetées comme n'étant propres à peu ou point d'usage, telles que les graisses de chevaux, de chiens, d’os, celles gâtées, les beurres rances, etc., etc. L’échantillon de Céromimene cijoint a été extrait du suif de mouton.»

Paris, le vingt-neuf juillet mil-huit-cent-dix-huit. | Le Sous-Secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur.

Doc. X (p. 417}

« En 1770, la découverte de Scheele fut insérée dans les publications de l’Académie de Stockholm, dans un mémoire imprimé sous le nom de Retzius, un de ses membres ; dans ce mémoire on insinue que Scheele n’a connu l'acide tartrique qu’à l’état liquide, que Retzius, au contraire, l’a obtenu à l’état de cristaux. »

(Kopp's Geschichte der Chemie, t, IV, p. 349.)

Doc. X1 (p. 103).

Les propriétés thérapeutiques de l’acide picrique annoncées d’une manière si positive par Braconnot, viennent d’être l’objet d’une expérimentation suivie de la part de deux savants anglais, MM. Calvert et Moffat. Après avoir opéré avec divers picrates, ces Messieurs ont constaté que le picrated'ammoniaque et celui de fer réussissent le mieux. Ce dernier a donné d’excellents résultats dans plusieurs cas de céphalalgie ; le picrate d’ammoniaque dans des cas d'anémie, de fièvre intermittente, d'hypocondrie. Ce sel mélé à de l'acide gallique et à de l’opium, a guéri, plusieurs fois, des diarrhées rebelles. La dose administrée a varié depuis 0,05 jusqu'à 0,10, trois fois par jour.

Les malades soumis à cette médication deviennent jaunes comme s'ils avaient la jaunisse ; il suffit d’un gramme de picrale pour produire la coloration; elle disparaît deux ou trois jours après que l’on a cessé d’administrer le médicament. |

(Voir Compiès rendus des séances de l’Académie des Sciences, 1. XLIIT, p. 104 et p. 290.)

Doc. XII (p. 401).

«..... J'ai indiqué le nitrate de chaux comme un produit remarquable de l’eau de Boudonville; mais comme, en général, les sources sont alimentées par l’eau de pluie, et que celle-ci contient du nitrate d’ammoniaque auquel on a attribué une grande puissance fertilisante, il m'est venu dans la pensée que les eaux de sourte pouvaient bien aussi contenir le même sel, lequel a pu être décomposé par le carbonate de chaux pendant les progrès de l’évaporation pour produire du nitrate de chaux.

Afin de vérifier si ma conjecture était fondée, j'ai recueilli dans un récipient contenant un peu d’acide muriatique, le premier produit de la distillation de plusieurs litres d’eau de la source de Boudonville, il a laissé après son évaporation, un résidu salin ayant toutes les propriétés du sel ammoniac et répandant une forte odeur d’alcali volatil par son mélange avec de la chaux. » (Braconnot.)

(Mémoires de l’Académie de Stanislas, année 1841, p. 39, et Journal de Chimie médicale, 2° série, t. VIII (1842), . p. 57.

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