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L'AIMANTATION

PAR LE MÊME

Dans un mémoire lu à l'Académie des sciences, le 14 mars 1853 (1) et traitant de l'allongement des barreaux aimantés, et de l'influence qu'il exerce sur la puissance attractive; j'ai admis en principe que l'attraction doit augmenter avec la distance qui sépare les deux pôles du barreau, me fondant sur cette considération qu’en écartant ces pôles on diminue les effets de neutralisation qu'ils peuvent exercer entre eux. Après avoir donné des preuves à l'appui, je fis voir que l'influence signalée a une limite à partir de laquelle elle change de signe, et qu'elle est nulle chez les électro-aimants disposés en fer à cheval (2) agissant, à la fois, par les deux pôles sur l’ar-mature.

(4) Voir aussi, Annales de chimie et de physique, t. xxxvij, p. 399. |

(2) Et non pas seulement chez les électro-aimants qui sont garnis de fil dans toute leur longueur, comme me le fait dire M. Dub, dans les Annales de Poggendorff, T. XC, p. 452.

La même erreur est commise par le Jahresbericht de Giessen, 1853, p. 246.

Ces faits qui ont été vérifiés depuis par divers physiciens, permettent de présumer ce quise passera lorsque, sans rien changer au courant ou à l'hélice, on vient à faire varier la distance qui existe entre les branches polaires d’un électro-aimant bifurqué ; car en augmentant cette distance, on augmente la masse du fer qui fait partie de l’électro-aimant, ou, ce qui revient au même, on en allonge les branches polaires, ce qui constitue une tendance à l’augmentation de force ; ensuite, on diminue les chances de neutralisation qui peuvent se produire entre les deux pôles, d'où résulte une autre tendance à l'augmentation de force.

On s'aperçoit facilement que les deux tendances ne sont pas de même espèce ; l'une peut être nulle dans un cas donné quand l’autre a tout son effet; par l’écartement des branches parallèles on ne change rien dans la situation respective des hélices et du fer induit, mais on change beaucoup la position des pôles à l'égard de l’armature, car il est évident que celle-ci intercepte plus de rayons magnétiques quand les pôles sont écartés, que quand ils sont très-voisins. |

Dans le cours de mes recherches sur les électro-aimants circulaires, j'ai été souvent à même de vérifier ce point de vue, et comme les lois de ces aimants sont les mêmes que celles qui régissent les électro-aimants bifurqués, on pouvait prévoir que l’écartement des pôles serail également pour quelque chose däns la puissance de ces derniers. Tous les physiciens ne sont pas de cet

avis, et M. Dub, entre autres, vient de se prononcer formellement pour l'opinion contraire (1) à la suite d'expériences dont je ne conteste pas d’ailleurs la précision.

Les faits que j'ai à faire connaitre ne contredisent pas les résultats de ses observations, mais ils infirment la conclusion qu'il en tire. Pour mieux le prouver j'opèrerai comme lui, avec des électro-aimants bifurqués. L’appareil dont j'ai fait usage est un électro-aimant en fer à cheval, fig. 1, dont l’une des branches a est mobile et susceptible d’être déplacée ; la pièce de jonction avec laquelle ces branches forment le fer à cheval, est une barre de fer rectangulaire b, d'une longueur appropriée, munie d’une rainure dans le sens de l’axe ; la branche fixe, a! est rivée à l'une des extrémités de cette rainure; la branche mobile est munie d’un épaulement qui lui permet de voyager et de se maintenir dans la rainure; des trous pratiqués de distance en distance dans la pièce de jonction b permettent de fixer, au moyen d’une cheville, la branche polaire a, qui est destinée à être déplacée. Les deux branches se terminent en ligne droite à leur extrémité inférieure ; l'extrémité supérieure est recour— bée ; le rayon de la courbe est plus grand que le rayon de la bobine, de sorte que les deux pôles peuvent être amenés jusqu’à se toucher par un de leurs côtés, si l’on rapproche suffisamment les deux branches.

Du reste, la démonstration que j'ai à fournir n’exige ES

(4) Annales der Physik. u. Chem. t. XC, p. 451. n

Es 106 = pas qu’il y ait contact immédiat, mais comme, d’un autre côté, on peut indéfiniment écarter les branches, il est aisé de se placer dans des conditions extrêmes, et de décider, du premier coup, la question. C’est aussi de cette manière que j'ai procédé en me servant d’un courant de la constance duquel je m'’assurais à l’aide de la boussole.

Les éléments galvaniques employés étaient de grandes dimensions; les branches de l'électro-aimant avaient 15 millimètres de diamètre, et 9 centimètres de longueur ; les bobines contenaient chacune 47 mètres de fil de un millimètre de diamètre ; enfin, l'armature était un cylindre de fer de 15 millimètres d'épaisseur et de 30 centimètres de longueur.

Voici d’abord les résultats obtenus dans des conditions

extrêmes :

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